Du Royaume de Belgique aux Nations-Unies : itinéraire d’un enfant du BCG
Alexander De Croo, ancien premier ministre belge et alumni du BCG, s’apprête à être nommé administrateur du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD).
Le troisième personnage de l’ONU
Premier ministre de Belgique entre 2020 et 2025, le Flamand quittera à la fois son siège à la Chambre et la vie politique du royaume. Le directeur général de l’organisation, appelé plus couramment administrateur, est nommé par le secrétaire général de l’ONU, sur proposition du Conseil d’administration du PNUD. Il semble, selon la RTBF, que celui-ci ait eu du mal à se prononcer, et que la décision d’Antonio Guterres ait été déterminante. Sa nomination doit encore être confirmée par un vote de l’Assemblée générale de l’ONU, dont le résultat est en principe acquis. Le mandat est de 4 ans.
En tant qu’administrateur du PNUD, Alexander De Croo devient également vice-président du Groupe des Nations unies pour le développement durable, et fait partie du cabinet du secrétaire général. Il est, de manière informelle, le troisième personnage de l’ONU, après le secrétaire général et le secrétaire général adjoint.
Le PNUD est l’agence des Nations-Unies dédiée à l’aide aux pays en développement. Son siège est situé à New York. Selon le rapport annuel 2024, l’agence compte 23 000 collaborateurs dans 170 pays. Son financement repose sur des dons volontaires des pays et s’élevait à 5,3 milliards d’euros en 2024. L’arrivée d’Alexander De Croo intervient dans un contexte de fortes tensions internationales, qui coïncide avec une contraction des ressources allouées au développement par les États, ainsi que des donations non fléchées (celles qui permettent à l’agence de développer des politiques autonomes).
De consultant en stratégie à Premier ministre de crise
Alexander De Croo a obtenu en 1998 un master en ingénierie commerciale auprès de Solvay Business School/VUB (intégrée à la Vrije Universiteit Brussel, c’est le pendant flamand de son homonyme francophone, intégrée à l’ULB). Il est entré en 1999 comme consultant au BCG, où il devient en 2004 project leader, non sans avoir décroché au préalable un MBA de la Kellogg School of Management d’Evanston (à côté de Chicago).
Il quitte le BCG au bout de 7 années, en 2006, pour fonder Darts-IP, un cabinet de conseil en droit de la propriété intellectuelle. En 2009, il entre en politique lors des élections européennes, sous le pavillon libéral de l’Open VLD, dont il prend la présidence à la fin de l’année. Entre 2012 et 2020, il est présent sans discontinuer dans les cabinets ministériels de coalition qui se succèdent. En 2020, il est ministre des Finances (depuis 2018), de la Coopération et du Développement (depuis 2014), quand il est nommé Premier ministre, mettant fin à un an et demi de crise politique consécutive aux élections fédérales de 2019. Les élections de 2024 se traduisent par un échec de son parti, et il remet sa démission dès le 10 juin 2024. Il n’a cependant quitté ses fonctions qu’en février 2025, une fois le gouvernement suivant formé.
Succédant au spécialiste de l’environnement Achim Steiner, un habitué des institutions internationales, De Croo n’est cependant pas le premier chef de gouvernement à occuper le poste : la prédécesseure d’Achim Steiner, Helen Clark, avait été Première ministre de Nouvelle-Zélande.
Son début de carrière au BCG aura certainement légué à Alexander De Croo son lot de méthodologie et de connaissance du monde économique, acquis précieux dans ses carrières subséquentes. Mais il y aura aussi rencontré son épouse, Annik Penders, qui fait encore aujourd’hui partie du bureau bruxellois du cabinet, en tant que managing director et senior partner, leader de la practice assurance pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Les couples de consultants ont des destins variés !
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