Camille von Rosenschild, figure d’une nouvelle génération d’associées décomplexées
Dernière associée entrante au capital de Simon-Kucher, Camille von Rosenschild, 34 ans, spécialisée en Consumer Goods, notamment sur les sujets d’excellence et de transformation commerciale, ne fait pas pour autant cas de cette promotion. Quelque peu surprise même que l’on braque les projecteurs particulièrement sur elle.
Depuis 10 ans au sein de ce cabinet, senior director depuis 2023, la nouvelle partner se sent en effet bien à sa place en rejoignant les trois autres associés Consumer Goods du cabinet. Car l’élection de cette « baby SK » s’inscrit « assez naturellement » dans son « engagement au sein du cabinet, c’est une marque de confiance et de reconnaissance, un projet partagé », comme la nouvelle partner le partage plutôt prudemment à Consultor en début d’échange, encore peu rodée à l’exercice de l’interview.
Cette nouvelle casquette, Camille von Rosenschild la revêt sans pression particulière, l’abordant comme un nouveau projet pro avec, comme défi principal, à l’instar de ses collègues partners, de « continuer à créer de la valeur et développer commercialement dans un environnement complexe pour le secteur et des entreprises sous la pression accrue de la concurrence qui ont réduit significativement leurs budgets de conseil ». Tout en restant positive. « Un certain nombre d’éléments nous font espérer que le business va reprendre. »
Le conseil ? Pourquoi pas ?
La formation initiale de Camille Bresard (son nom de jeune fille) s’inscrit dans des standards classiques du conseil en stratégie : bac Économie (mention TB) au lycée Saint-Jean-de-Passy, puis classes prépa à « Franklin » (2011). La Parisienne poursuit par un MsC Corporate Finance, la double spécialisation finance et droit, à l’emlyon. C’est aussi dans cette business school que l’étudiante rencontre son futur mari, Pierre von Rosenschild, lui également devenu consultant, depuis 11 ans chez Accuracy. Un couple de consultants, donc. Et qui font leur chemin professionnel parallèlement tout en menant une vie de famille des plus « normales ». Dans le couple von Rosenschild, la « concurrence » en termes de carrière n’est pas de mise.
La fibre du conseil n’était pourtant pas une évidence pour l’étudiante d’alors. « À l’époque, je ne me projetais pas particulièrement dans un secteur. Ma réflexion a mûri au fil du temps. Mes parents, tous deux dans le secteur bancaire, m’ont alors donné un conseil : “Va dans une entreprise en croissance.” »
Avec ce mantra parental en tête, la jeune diplômée postule « dans de nombreux cabinets » de conseil en stratégie, persuadée qu’elle ne serait acceptée nulle part, empreinte d’un « complexe naturel de l’imposteur », syndrome peu assumé dans ces métiers où la force mentale inébranlable est une qualité première. Une forme de courage donc que d’avouer ses failles de jeunesse. Quarante-cinq entretiens plus tard – c’est précis ! –, Camille von Rosenschild est acceptée dans plusieurs d’entre eux, à l’instar de Bain & Company. Son « choix de cœur » se porte sur Simon-Kucher pour le « “fit” avec les personnes rencontrées lors des entretiens et je m’y suis projetée tout de suite ». C’est aussi pour la spécialisation fonctionnelle du cabinet (avant tout les problématiques de croissance et de topline), pour une structure « restreinte à l’époque en forte croissance », et une progression de carrière possiblement plus rapide.
La consultante s’y est progressivement spécialisée dans le vaste secteur Consumer regroupant les Consumer Goods, le Retail, les Loisirs et les Transports, par « intérêt assez fort tout de suite pour ces sujets », ainsi qu’une affinité particulière avec les partners dédiés. Et un focus plus spécifiquement dans les sous-secteurs de la Beauté, de l’Hygiène, des Biens de consommation durables et du Textile, « des spécialités fonctionnelles qui m’attiraient particulièrement », dans lesquels Camille von Rosenschild a naturellement pu s’impliquer « dès le début dans la réflexion sur les dynamiques de croissance du cabinet ».
La partner s’est aussi débarrassée de ce fameux syndrome de l’imposteur. C’est une femme partner en phase avec son nouveau statut de partner, décontractée et conviviale, enthousiaste, satisfaite du parcours déjà accompli, qui a répondu à nos questions. Mais qui tient à maintenir une chasse gardée : sa vie privée.
SK, une source d’inspirations féminines
Les difficultés d’évolution des femmes dans la pyramide des grades du conseil en stratégie, un sujet ? Nullement. Camille von Rosenschild, maman aujourd’hui de deux jeunes enfants de 2 et 4 ans, est depuis son arrivée entourée de plusieurs role models féminins qui l’ont inspirée : Marie Verdier, la première partner au féminin élue chez Simon-Kucher l’année de son entrée, mais aussi les 6 autres associées promues avant elle, qui ont tracé le sillon. « J’avais et j’ai toujours une admiration pour ces partners mamans pour certaines de 3 enfants. Je pouvais m’identifier. Et c’était important. Pour Marie Verdier, il y a plus de 10 ans, c’était certainement plus compliqué, mais les regards évoluent. Et en tant que femme, on m’a donné les mêmes opportunités pour me développer que mes collègues masculins. » Il est vrai que dans ce cabinet, le premier de la classe conseil en stratégie (du périmètre, hexagonal, de Consultor) en termes de féminisation du partnership, avec une parfaite parité aujourd’hui, loin devant les autres (Bain, le deuxième atteint 30 %), l’acculturation est désormais acquise sur le sujet.
Devenue à son tour role model au féminin pour les consultantes juniors du cabinet, Camille von Rosenschild porte à son tour la cape de cette fonction informelle.
Pour « faire sa part », la partner est aussi engagée depuis plus de 3 ans dans le groupe « Parentalité » de Simon-Kucher, qui cherche à déployer des initiatives dédiées aux consultants, femmes et hommes, facilitant leur vie de parents face aux « exigences structurelles de ce métier de services nécessitant de s’organiser correctement ». Camille von Rosenschild s’implique également sur le sujet féminisation au sein des autres bureaux de Simon-Kucher, 46 à l’international dans 31 pays ; Paris étant l’exemple à suivre sur le sujet. « C’est moins simple sur d’autres marchés, et ce sujet est très challenging pour nous. Nous sommes régulièrement sollicités à l’étranger pour discuter avec les jeunes femmes consultantes. Et il est important d’être là et de leur dire, en France comme ailleurs, que c’est possible et que l’on trouve des moyens pour mettre en place un rythme adéquat. »
Au fil de sa progression dans la pyramide des grades, la consultante est aussi devenue un profil très convoité. Pas de risques, selon la partner de la maison SK. « J’ai tous les moyens pour développer ce que je souhaite. L’intérêt de ce métier, c’est avant tout la dynamique entrepreneuriale. Et je suis au bon endroit pour le faire, avec l’envie de continuer à creuser ce sillon. Et c’est le début d’une histoire à construire avec les équipes. »
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