Oliver Wyman : promotion mondiale pour 3 partners français
Il y a du mouvement chez Oliver Wyman. Le cabinet crée, en effet, une méga practice mondiale, nommée Consumer, Telco & Tech, regroupant Télécom-Média, Retail-Consumer goods, Tech & Services, et Hospitalities.
À la tête de cette nouvelle practice XXL pour l’Europe, le chef de file des bureaux France-Belgique, Bruno Despujol, qui conserve ses fonctions. Hugues Havrin est promu co-lead de la sous-practice Tech & Services au niveau mondial et adjoint de Bruno Despujol France et Belgique. Quant à Emmanuel Amiot, il prend la tête de Telecom-Media au niveau monde. Décryptage avec ces trois partners, tous trois depuis plus de 20 ans au sein de la firme.
Consultor : Vous avez regroupé trois des practices parmi les plus porteuses du cabinet. Pourquoi ?
Bruno Despujol : Le modèle intégré d’Oliver Wyman nous permet d’avoir des practices mondiales puissantes. Regrouper des activités performantes en mutualisant les ressources les rend plus efficaces au niveau local. Nous souhaitons atteindre une taille critique sur chacune de nos géographies. Cela crée plus de fongibilité au quotidien et des parcours de carrière plus diversifiés et inspirant de nos consultants.
Emmanuel Amiot : Et cela nous permet de développer en parallèle des hubs d’expertise que nous pouvons exporter sur nos différents marchés. La France a su au fil du temps en développer de très performantes dans les Telco ou Tech & Services par exemple.
Concrètement, quelles perspectives de développement poursuivez-vous ? Et ce, dans un contexte d’activité en croissance ; le cabinet a réalisé un chiffre d’affaires de 3,4 milliards de dollars en 2024, en hausse de 9 %…
Bruno Despujol : Nous avons notamment de grandes ambitions sur les secteurs de la Tech & Services et Consumer Goods, en continuant de nous appuyer sur à la fois sur une croissance organique et externe.
Emmanuel Amiot : Sur le secteur des télécoms, nous sommes déjà très présents auprès de neuf des dix premiers opérateurs européens et souhaitons renforcer notre position en particulier sur ce secteur en pleine transformation et consolidation, en cette période post-fibre et avec des opérateurs qui intègrent le cloud, l’IA, la cybersécurité. Les Telcos ont encore un potentiel important de meilleur travail de leur topline, de leurs investissements et coûts, qui permet d’être optimiste sur leurs valorisations de demain. Mais aussi, notre but est de consolider notre activité PE dans le secteur. Dans le domaine des médias, en pleine transformation, nous allons renforcer notre présence en Europe, qui est déjà forte sur la vidéo, le broadcast, le streaming, le gambling, le gaming, Et nous avons également l’ambition de faire croitre très fortement notre présence dans le secteur des sports.
Une super practice mondiale Consumer, Telco & Tech avec trois chefs de file sectoriels français. Le bureau de Paris serait-il devenu un pilier d’Oliver Wyman ?
Hugues Havrin : En France, comme en Europe, nous disposons de leaders mondiaux sur ces marchés. Le marché français est reconnu pour être compétitif sur les activités de conseil. Les succès que nous avons eus sur ce marché ont été reconnus comme un marqueur de notre expertise et de différenciation.
Nous faisons en quelque sorte office de vitrine pour l’ensemble du cabinet.
Bruno Despujol : Nous sommes un centre d’expertise qui rayonne mondialement. Et cela montre que le bureau de Paris est en pleine forme, très intégré, menant des projets globaux de la Chine aux États-Unis, en passant par le Moyen-Orient. Et ce modèle intégré représente l’avenir du conseil en stratégie.
Hugues Havrin : Notamment, sur les sujets tech, il faut un regard à la fois européen, américain, asiatique pour apporter le meilleur de ce qui existe à nos clients. C’est une différenciation forte par rapport à beaucoup d’autres cabinets, y compris des grandes tailles, qui ont choisi d’être très locaux dans leurs modèles.
Quels autres réaménagements avez-vous réalisés ?
Bruno Despujol : Nous avons effectué un autre regroupement majeur dans une seule practice de tous les industriels, les transports, l’aéro/défense, l’automobile, l’industrie lourde, le manufacturing…
Hugues Havrin : Mais aussi une refonte de nos horizontales, des practices fonctionnelles alignées sur les besoins de transformation de nos clients : les risques, notamment réglementaires, le M&A, la performance, les relais de croissance et l’innovation.
Comment envisagez-vous le marché du conseil dans un contexte géopolitique bouleversé, et avec un président Donald Trump qui fait trembler les bourses mondiales ?
Bruno Despujol : Nous nous positionnons plutôt dans des industries de services qui sont structurellement moins touchées (hormis les Consumer Goods) par les droits de douane. Beaucoup d’industries vont continuer à croitre, à faire face à ces défis. Ce que cela nous demande, nous consultants, c’est d’être plus réactifs sur le court terme, savoir réajuster et régionaliser les offres, les supply chains et les infrastructures IT ou industrielles, mais également avoir une vision à long terme dans un monde plus fracturé, plus régionalisé.
Hugues Havrin : L’avantage de cette période, c’est que nous faisons face à des lames de fond extrêmement puissantes, comme l’IA, qui génère des besoins énormes pour les acteurs de services, de software et d’infrastructure qui aident les entreprises à se digitaliser, qui ne sont pas indexées sur la croissance économique mondiale. Les industries des secteurs que l’on sert ont également la spécificité de voir l’intérêt accru des acteurs du PE.
Emmanuel Amiot : Le renforcement de la souveraineté européenne va être essentiel et cela va favoriser l’évolution de la réglementation dans la ligne droite du rapport Draghi (publié en 2024 sur la compétitivité européenne et de l’avenir de l’UE, ndlr), et ce, afin de construire une industrie et des infras critiques plus fortes.
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