Le secteur public baisse en 2012
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-2% pour le secteur public en 2012, selon le Syntec
Le Syntec conseil en management avait prévenu : le secteur public est un pilier solide des cabinets de conseil, mais il ne croîtra pas en 2012.
En juin dernier, dans son étude annuelle, le syndicat des cabinets de conseil en management notait une reprise du marché, sur un rythme de croissance de 5% par an similaire à 2010.
"Malgré les bons résultats de l’année 2011, Syntec conseil en management s’attend à une stagnation du marché et donc à une croissance zéro en 2012. L’insécurité économique et fiscale qui fait patiner la croissance économique générale sur le premier semestre incite le syndicat à la prudence dans ses prévisions", écrivait-il alors. Particulièrement visés, "les deux réacteurs de croissance du conseil de la dernière décennie" que sont les services financiers et le secteur public.
Dans son bulletin, le syndicat envisageait une perte de 2% de ces deux pôles majeurs des prestations de conseil dans le total des chiffres d'affaires des cabinets en 2012. Ils devaient passer à 28% et 13% respectivement d'un marché français total évalué à 5,1 milliards d'euros en 2011.
"Une contraction des appels d'offre avec l'élection présidentielle"
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La prévision à la baisse était justifiée. "Il y a eu une contraction des appels d'offres avec l'élection présidentielle", confirme Raphaël Butruille, directeur et en charge du secteur public chez Vertone, qui répond en moyenne à 25 appels d'offre de marché public par an et en réalise entre 5 et 10. Plusieurs autres acteurs du secteur font le même constat et mettent en avant la refonte de la modernisation de l'État pour expliquer le coup de frein.
La DGME (Direction générale de la modernisation de l'État), et le gros de ses effectifs, ont été intégrés en octobre à un nouveau SGMAP (secrétariat général de la modernisation de l'État) pour "une nouvelle ambition des services publics", a indiqué la ministre de la Réforme de l'État, Marylise Lebranchu.
Traduction de Raphaël Butruille : "Les fonctionnaires devront être mis plus à contribution dans leur renouvellement des politiques publiques, au détriment des cabinets privés". Ces derniers, comme l'indiquent une synthèse établie par Consultor consultable ci-dessous, ont bénéficié de la RGPP (réforme générale des politiques publiques, coordonnée par la DGME), interrompue en juillet par le nouveau gouvernement.

En tout état de cause, cette perception à la baisse du côté des prestataires de conseil en stratégie est strictement corrélée au recul des émissions d'appels d'offres de marché public, selon Hervé Huguet, directeur de Citia, un cabinet spécialisé dans le conseil et l'assistance à l'achat public. "Il y a un ralentissement notable", dit-il à Consultor.
Une morosité qui n'est pas faite pour durer, veut croire Raphaël Butruille. "Les administrations vont moins faire appel aux prestataires de conseil privés sur le court terme, mais à moyen terme les cabinets redeviendront l'interlocuteur de référence".
Tiens, tiens, comme Vertone par exemple ? "Nous, cabinets généralistes, développerons de plus en plus les partenariats avec des cabinets de plus petite taille très spécialisés. Ce genre d'associations remportent de manière croissante l'assentiment des administrations publiques. L'intervention de McKinsey auprès de l'ANPE (au moment de sa fusion avec l'Unedic en 2008, dans un lot de prestations de 8 millions d'euros, NDLR) a marqué les esprits et invite nombre d'administrations à donner la priorité à des cabinets moins gros, et moins coûteux".

Par Benjamin Polle pour Consultor, portail du conseil en stratégie-15/01/2013
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