Santé-pharma : CVA structure sa practice et part à l’assaut du marché américain
CVA nomme deux nouveaux partners issus de ses rangs. Thierry Rigoine de Fougerolles, basé à Paris, et Lina Chakir, à Boston.
- La nouvelle directrice des TGV et des Intercités est passée par CVA et Oliver Wyman
- Décès de Bertrand Semaille, cofondateur du cabinet eleven
- Une prise « défense » pour Roland Berger
- Développer un éditeur de logiciels B2B : le défi d’un ex-Eleven
- « Je n’ai pas construit un cabinet pour le vendre » – Paul-André Rabate, fondateur de CVA
- D’Hermès à la tête de l’Hôtel Drouot : « l’amour du beau », fil conducteur de l’après conseil d’Aigue-Marine de Jarnac
- Un 41e partner élu chez Roland Berger à Paris, positionné sur la santé
- L.E.K. élit un nouveau partner à Paris, 3 ans après son recrutement en provenance d’Alvarez & Marsal
En dix ans, la plateforme santé-pharma – nommée New Healthcare Systems chez CVA – est devenue « un acteur de référence en France » selon le cabinet, « se développant fortement à l’international », avec un point d’ancrage en cours de renforcement aux États-Unis.
Le point avec les tout récents élus au partnership.
De « petit Poucet » à pilier du développement de CVA
Chez CVA, la santé-pharma n’est plus une verticale parmi d’autres. La plateforme dédiée est aujourd’hui l’une des plus dynamiques du cabinet.
« L’an dernier, nous avons enregistré une croissance à trois chiffres et doublé notre chiffre d’affaires », souligne Thierry Rigoine de Fougerolles, qui a œuvré « dès le début, en 2015 » à développer cette activité avec Olivier Vitoux et l’équipe. Une dynamique qui repose autant sur le positionnement que « sur l’équipe », insiste le nouvel associé.
La plateforme couvre tout l’écosystème de la santé, des hôpitaux aux investisseurs, et intervient aussi bien auprès des big pharma que des biotechs sur des sujets allant « de la stratégie de portefeuille à la priorisation des pipelines R&D, en passant par l’accès au marché ou les enjeux de positionnement concurrentiel ».
Arrivé chez CVA – en stage – en 2015, le diplômé de HEC Paris a grandi avec cette activité. « Nous avons réalisé l’un des premiers projets santé-pharma du cabinet avec un grand laboratoire français. Notre proposition de valeur, de mobiliser des “forces spéciales”, avec une approche très analytique et sur mesure, a rapidement résonné dans un secteur où tout diffère selon les pays, les systèmes de santé, les aires thérapeutiques et les classes de médicaments », explique-t-il. Depuis, il a conduit plus de 150 missions dans une cinquantaine de pays et pilote le développement de la plateforme pour l’Asie.
Boston, tête de pont sur le premier marché mondial de la pharma
La nomination de Lina Chakir au partnership, concomitante à son installation à Boston, s’inscrit dans une logique d’accélération. « C’est une offensive assumée pour renforcer notre implantation aux États-Unis », confirme Thierry Rigoine de Fougerolles. Le marché américain représente déjà environ la moitié de l’activité de CVA dans la santé – et concentre l’essentiel de la création de valeur des grands groupes pharmaceutiques.
Présente chez CVA depuis près de 10 ans – elle est issue de la même promo HEC que Thierry Rigoine de Fougerolles, entrés tous les deux en 2012 –, Lina Chakir a aussi participé dès l’origine à la montée en puissance de la plateforme santé. « Nous avons une traction très forte », confirme-t-elle. Volatilité politique et réglementaire, pressions sur les prix et les budgets, priorités hétérogènes selon les marchés : « Les décisions stratégiques sont devenues plus difficiles, et notre valeur ajoutée est précisément d’apporter des faits, de challenger les équipes et d’aider à trancher dans l’incertitude. »
Si CVA était déjà actif aux États-Unis, l’évolution est désormais organisationnelle. « Nous avions une présence, mais pas de leadership pharma local. Aujourd’hui, nous sommes 2 partners santé-pharma basés aux US — Olivier Vitoux, notre head of platform, et moi-même. C’est un signal clair de notre investissement sur ce marché, à la fois parce qu’il est critique en volume, mais aussi parce qu’il influence fortement les autres régions », explique-t-elle.
Boston s’impose naturellement comme point d’ancrage. Épicentre mondial de l’innovation en santé, la ville concentre biotechs, start-ups, universités, fonds d’investissement et grands laboratoires.
Au-delà du marché US, l’accent mis par CVA sur la santé-pharma a également vu Stéphanie De Man être promue « associate partner » à Bruxelles, l’un des principaux hubs d’innovation pharma et cœur décisionnel européen.
Caractère de « boutique » et durabilité
Si l’axe américain est central, l’Europe demeure un socle pour la plateforme. CVA revendique un positionnement de « boutique » — proximité avec les dirigeants, coconstruction, capacités analytiques approfondies — qui le rend « plus accessible pour certaines biotechs ou équipes dirigeantes en quête d’un accompagnement moins industrialisé », avance Thierry Rigoine de Fougerolles.
Autre axe de différenciation : l’intégration croissante des enjeux de durabilité. Responsable RSE du bureau parisien, le nouveau partner travaille notamment sur le concept déposé de pharmacocarbonomie, visant à mesurer l’impact global d’un médicament sur le système de santé. « Un traitement émet du CO2, mais il permet aussi d’éviter des hospitalisations, des transports ou des parcours de soins lourds », indique-t-il.
Les moteurs d’engagement personnels des deux nouveaux associés
Chez Thierry Rigoine de Fougerolles, ils sont multidimensionnels. Passionné de voile, il a pris le départ de la Transatlantique en double en 2024, une expérience dont il retient « la prise de recul dans des situations où tout est instable ». Métis taïwanais, profondément marqué par la disparition de sa mère des suites d’un cancer en 2024, il souhaite également renforcer la couverture asiatique de la plateforme. Il deviendra papa en juin.
Pour Lina Chakir, les boosteurs relèvent de ressorts internes au cabinet : celui de l’inclusion et de la diversité. « Il y a une richesse phénoménale à réunir autour de la table des personnes d’horizons différents. La valeur est tant business qu’humaine », souligne-t-elle.
Sensible à la place des femmes dans les organes de décision, elle rappelle que le conseil reste un secteur encore très déséquilibré. « La parité n’est pas une fin en soi, mais elle apporte des perspectives différentes et améliore la qualité des décisions. Ce sujet me tient particulièrement à cœur. »
Promue partner 6 mois après avoir eu son deuxième enfant, elle espère contribuer à ouvrir la voie à d'autres.
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
pharmacie - santé
30/03/26Malgré quelques succès éclatants, comme Abivax, l’écosystème de santé français peine toujours à traduire la recherche et l’innovation en réussites entrepreneuriales ; mais il se soigne.
30/03/26Toute nouvelle mission devra désormais être validée par le directeur financier du groupe pharmaceutique suisse.
17/03/26La décision inattendue du conseil d’administration du groupe pharmaceutique vient sanctionner la stratégie de l’ex-CEO et projette une image fragilisée du laboratoire.
16/03/26Auriane Cano-Chancel, qui dirigeait l’oncologie-hématologie en France depuis 2022, s’apprête à prendre la tête du laboratoire dans notre pays.
31/01/26Eric Halioua, serial-entrepreneur dans les biotechs, rejoint la startup lyonnaise ErVimmune en tant qu’executive chairman of the board.
05/12/25L’ancienne consultante Mathilde Marret est la directrice de la stratégie de l’un des leaders mondiaux du diagnostic en médecine nucléaire.
24/11/25Un collectif d’entreprises issues de l’agroalimentaire et de l’assurance santé, réuni à l’initiative de Kéa, s’apprête à lancer une application pour sensibiliser les consommateurs aux enjeux sanitaires de l’alimentation.
19/11/25Whit Bernard, ancien associate partner chez McKinsey, vient de revendre au géant américain la startup pharma qu’il a cofondée en 2022, Metsera.
17/11/25Après 13 années « intenses » chez Ipsen et un parcours construit sur quatre continents, Audrey Schweitzer va contribuer au développement des Life Sciences chez Arthur D. Little.