Un ancien principal d’Arthur D. Little au service de la vaccination anti-cancer
Eric Halioua, serial-entrepreneur dans les biotechs, rejoint la startup lyonnaise ErVimmune en tant qu’executive chairman of the board.
17 M€ levés pour une étude clinique
ErVimmune a été créée en 2019 par un chercheur, le professeur Stéphane Depil, pour valoriser des travaux effectués au sein de deux importants centres lyonnais de recherche en cancérologie (le centre Léon Bérard et le CRCL). La startup se spécialise, selon son site, dans « le développement de vaccins antitumoraux de nouvelle génération ». Eric Halioua, qui vient d’être nommé executive chairman of the board, explique pourquoi ErVimmune vient « de lever 17 millions d’euros pour financer une première étude clinique. Il s’agit de tester la technologie sur des patientes atteintes de cancer du sein et de l’ovaire ». Les vaccins contre le cancer « utilisent des technologies qui vont stimuler le système immunitaire, qui va venir lui-même attaquer la tumeur. Ce sont des vaccins thérapeutiques, qui servent à traiter le cancer, non le prévenir ».
L’enjeu, pour ErVimmune, est donc aujourd’hui « de démarrer l’étude clinique, d’enrôler les patients et d’avoir des résultats positifs, de démontrer le mécanisme d’action et d’obtenir des premiers signes cliniques positifs ». Le rôle d’Eric Halioua est à la fois « très stratégique, comme président de board, mais comprend aussi une partie de suivi opérationnel de l’activité. J’accompagne le management et la CEO et j’apporte mon expérience pour tout le développement, la préparation de l’étude clinique, les levées de fonds, les deals ou les acquisitions potentielles de la société… » Le poste est à temps partiel : bien que l’entreprise soit lyonnaise, le nouveau président exécutif restera à Bruxelles, où il réside et travaille depuis 17 ans.
Biologiste, consultant en stratégie et entrepreneur
Eric Halioua a une formation de biologiste moléculaire (un DEA) complétée par un master en management et marketing obtenu à l’ESSEC en 1993. Après avoir travaillé quelques années pour Zeneca, puis pour le Centre européen de bioprospective, il rejoint au milieu des années 1990 Isogroup, « un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans la santé, repris depuis par Monitor. » S’ensuit son entrée en 1997 chez Arthur D. Little, « qui avait à l’époque une practice “sciences de la vie” importante ». Il y passe 12 années à travailler pour « des sociétés pharmaceutiques, dispositifs médicaux, des sociétés biotech, des grands centres de recherche internationaux », sur des missions « de stratégie, stratégie de franchise, d’organisation, réorganisation de sociétés, définition de business plan, analyse de portefeuilles de R&D, allocation des ressources… »
Dans le même temps, il commence sa carrière de serial-entrepreneur. « J’étais encore en poste chez Arthur D. Little quand j’ai créé ma première société, Myosix, autour de l’an 2000. À l’époque, beaucoup de consultants lançaient des entreprises, notamment dans le e-business. J’ai travaillé à temps partiel pour Myosix tout en gardant mes activités chez Arthur D. Little. » Au bout de 2 ans, les fondateurs revendent la jeune biotech à Genzyme, depuis rachetée par Sanofi.
Fin 2005, c’est le départ pour le bureau de Boston d’Arthur D. Little, où il dirige le pôle biotechnologies de la practice Life Science. En 2009, « mon épouse voulait revenir en Europe, j’avais tout juste 40 ans. J’avais fait une due diligence pour une société de biotechnologie en création, qui s’appelait Promethera Biosciences. Les investisseurs m’ont proposé le poste de CEO ». L’entreprise ayant son siège à Bruxelles, Eric Halioua et sa famille déménagent en Belgique. « J’y suis resté depuis, et j’ai créé plusieurs sociétés. J’ai présidé Promethera pendant 6 ans, puis PDC*Line Pharma jusqu’à présent », également dans le domaine du traitement du cancer. Pendant un temps, il cumule le rôle de CEO de cette dernière et de Digital Orthopédique, spécialisée dans les dispositifs médicaux. « Je suis aussi dans les boards de deux autres sociétés. »
« Le métier de consultant est aussi en partie opérationnel. »
Gagne-t-on à avoir été consultant pour entreprendre ? Pour Eric Halioua, « une carrière se bâtit en fonction d’expériences. Le conseil a été une expérience très enrichissante pour moi ». Il y a, bien sûr, « les outils méthodologiques et de structuration, les approches, les cas pratiques très différents ». Mais aussi « l’expérience internationale, déjà à Paris, avec des missions qui m’ont emmené un peu partout en Europe et aux États-Unis ; puis le temps passé à Boston ». S’y ajoute « l’acquisition d’une expertise sectorielle, mais aussi un réseau important, dans le secteur comme auprès des investisseurs, des fonds de private equity, mais aussi de capital risk ». En définitive, « on voit souvent le consultant comme éloigné de l’opérationnel, mais ce n’est pas le cas. Une partie de son métier correspond à de l’opérationnel. Il faut simplement avoir la capacité à s’adapter au contexte, identifier les problématiques et acquérir les éléments nécessaires pour se développer ».
Eric Halioua sera donc passé « tout naturellement » d’un métier à l’autre, et se retrouve à l’occasion de l’autre côté de la relation consultant/client. « Pour l’une des sociétés, nous avions envisagé une introduction en bourse. Nous avons eu recours à des cabinets pour conduire le travail d’analyse de portefeuille, de positionnement produit et prix. Le travail des consultants en stratégie reste utile et apporte de la valeur. » Même si, bien sûr, « les budgets qu’une petite boîte peut allouer ne sont pas les mêmes que ceux d’un grand groupe dans le domaine ».
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