Qui m’aime me suive : l’interview du patron de McKinsey
En fonctions depuis un an, Bob Sternfels, le managing partner monde de McKinsey, a adressé une claire fin de non-recevoir aux critiques de « la firme » – à laquelle un million de personnes ont postulé en un an.
- Le CEO de McKinsey privilégie les partners résilients aux bons élèves
- Le plan d'Arnaud Gangloff pour accélérer la croissance de Kéa
- McKinsey change les règles d’élection de son CEO pour apaiser les tensions
- Un partner secteur public de McKinsey à la tête des patrons wallons
- « Reshaping McKinsey » : la stratégie de Bob Sternfels pour ouvrir une nouvelle page
- Une lettre anonyme sème le trouble chez McKinsey
- Un siège pour deux : ligne droite finale dans l’élection du patron monde de McKinsey
- McKinsey : la réélection du boss monde compromise, l’ex-patron France encore en lice
À l’occasion de la première rencontre physique de l’ensemble des 2 700 partners depuis 2019, le managing partner de McKinsey a donné une interview au Financial Times.
Bob Sternfels a évidemment été interrogé sur l’accumulation des polémiques associées à la marque McKinsey (relire notre article). La seule priorité, a-t-il plaidé, est l’impact délivré aux clients. Il a défendu la nécessité de distinguer à l’avenir un droit de regard justifié d’un droit de regard jugé illégitime, « contre lequel nous voulons lutter ». Et d’enfoncer le clou : « Écoutez, nous vivons dans un monde critique. Nous allons intervenir sur des sujets aux impacts colossaux, si vous n’êtes pas d’accord avec nous, cela nous va très bien. »
Il assure que 90 % de ses positions sont approuvées par les collaborateurs du groupe (38 000 personnes). Aux autres, le message est là aussi très clair : « Le monde regorge de choix, donc si notre entreprise ne vous tente pas, vous n’êtes pas obligé de rester avec nous ou de nous rejoindre. »
à lire aussi
Pour éviter la survenance de nouveaux scandales, Bob Sternfels indique que McKinsey a investi 600 millions de dollars depuis 2018 dans l’amélioration de ses processus de gestion des risques et de mise en conformité. « Ce qui ne veut pas dire que d’autres erreurs ne se produiront pas – je ne peux pas le garantir – mais nous disposons d’un mécanisme d’autocorrection », assure-t-il.
Interrogé sur la pertinence de scinder les activités du cabinet, entre secteur public et secteur privé par exemple, il plaide « la magie » que le cabinet peut apporter à ses clients dans le croisement des expertises qu’il est en mesure de fournir à ses interlocuteurs.
Côté recrutement, dans cette interview, il confirme une guerre ouverte des talents, tout particulièrement avec ses rivaux Boston Consulting Group et Bain. Il indique que le cabinet a reçu un million de candidatures sur les douze derniers mois, pour 10 000 recrutements sur la même période. Un nombre aussi porté par le nombre d’établissements d’enseignement dans lesquels McKinsey recrute : ils étaient 500 encore récemment, ils ont doublé. « Je voudrais les multiplier par dix », assure Bob Sternfels.
McKinsey fêtera son 100e anniversaire en 2026 et Bob Sternfels a interrogé le collège des partners sur la manière avec laquelle McKinsey pourrait évoluer pour son deuxième siècle d’existence. Eux l’ont plutôt interrogé sur la possibilité d’un retour à la normale quant à la discrétion des activités de McKinsey qui a longtemps fait de son extrême confidentialité sa marque de fabrique.
Réponse de Bob Sternfels : « Le retour à la normale arriverait si nous avions moins d’ambition à changer les sociétés dans lesquelles nous travaillons. Nous ne voulons pas prendre de la distance avec cet objectif-là. Je pense que dans le futur de nos activités d’autres tournants critiques vont se présenter. »
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Monde
29/04/26L’impact de l’intelligence artificielle sur le métier de consultant en stratégie ne fait pas l’unanimité. Dans ce premier volet, nous donnons la parole à un chercheur australien, coauteur d’une étude démontrant que les LLM sont incapables de faire de la bonne stratégie.
27/04/2614,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires au niveau mondial en 2025 : le BCG réalise une 22e année consécutive de croissance.
17/04/26Oliver Wyman entame 2026 en hausse de 6 % par rapport au même trimestre de l’an dernier. Sa plateforme IA, Quotient, est devenue sa practice la plus dynamique.
17/04/26La start-up de cybersécurité CodeWall a détecté des vulnérabilités majeures au sein de plateformes internes des deux cabinets.
15/04/26Bain confie les rênes de la région Moyen-Orient à Eric Beranger-Fenouillet – un senior partner au parcours international.
09/04/26Alors que le cabinet fête cette année ses 40 ans, CMI annonce l’ouverture d’un nouveau bureau, à Milan en Italie, après celui de Madrid en 2024.
08/04/26Après Montréal en 2019, le cabinet CYLAD lance son deuxième bureau canadien, à Toronto, à la frontière étasunienne, à moins de 700 km de Chicago et de New York.
07/04/26À la veille de quitter Oliver Wyman pour prendre d’autres responsabilités au sein du groupe Marsh, Nick Studer a décrit un cabinet qui s’est construit à rebours des standards du secteur.
01/04/26Ted Moynihan intègre le comex du groupe Marsh, la maison-mère du cabinet.