Bob Sternfels annonce un âge d’or du conseil en stratégie et 20% de consultants en plus
Pour le patron mondial de McKinsey, les défis mondiaux vont renforcer significativement les besoins d’accompagnement et d’expertise stratégique.
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Défis et opportunités
L’IA, la géopolitique, le changement climatique, la transition énergétique, les bouleversements démographiques : « Selon nous, dans les 5 prochaines années, la complexité de ces problèmes va augmenter », générant un besoin accru de conseil, a affirmé Bob Sternfels dans une interview diffusée sur la chaîne Bloomberg. Les « deux plus grands enjeux » étant l’IA et la géopolitique (sommé de les prioriser, Sternfels a esquivé en plaisantant : « C’est comme demander quel enfant vous préférez ! »). Des enjeux vus à la fois comme défis et comme opportunités.
Pour relever les premiers comme pour saisir les secondes, il faudra des consultants selon le patron de McKinsey : « Les grandes entreprises se débattent avec cette question : “Comment puis-je vraiment me réinventer avec l’IA ?” », à l’heure où, par exemple, le coût des tokens a conduit « de nombreuses entreprises à exploser leur budget au cours des 3 ou 4 premiers mois de l’année ».
La priorité est de générer de la valeur avec l’IA, alors que « pour obtenir 80 % des gains issus de l’IA, il suffit de refondre 4 à 6 processus dans chaque entreprise ». Les dirigeants doivent donc revoir leur stratégie pour véritablement créer de la valeur avec l’IA, tout en étant capables de « lier la valeur générée au changement d’organisation » et d’« embarquer tout le monde » dans la transformation.
« Nous avons en grande partie terminé la restructuration » des fonctions support
Mais comment McKinsey relève-t-il le défi de l’IA en interne ? « Vous avez annoncé des suppressions de postes assez importantes », a rappelé la journaliste, faisant allusion aux plans de suppression de postes menés depuis 2023 dans les fonctions support du cabinet de conseil.
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Le cabinet vient de supprimer 200 postes dans ses équipes tech, et d’autres pourraient suivre. Motif avancé : « Les opportunités offertes par l’IA ».
« C’est intéressant cette façon que les gens ont de s’attacher à la moitié des titres », a plaisanté le CEO. « McKinsey a deux types d’effectifs », explique-t-il. D’un côté, « comme tous nos clients, nous avons cherché à gagner en efficacité sur nos fonctions support » grâce à l’IA, en redéployant les personnels libérés sur d’autres fonctions et en « comptant sur l’attrition naturelle ». Mais « nous avons en grande partie terminé cette restructuration », a-t-il affirmé.
En revanche, pour ce qui est des « consultants au contact des clients », le cabinet en recrute « un nombre record », assure Bob Sternfels. Et chacun d’entre eux « dispose d’environ trois agents IA ». Une blague circulerait même en interne parmi les business analysts (premier grade junior chez McKinsey), « si vos agents ne travaillent pas toute la nuit, c’est vous qui le ferez ! ». « J’ai adoré », s’est réjoui le dirigeant.
Des compétences « immunisées contre l’IA »
Au bout du compte, à quoi faut-il s’attendre pour l’évolution des effectifs de McKinsey ? Globalement, « vous allez voir nos effectifs recommencer à augmenter », a affirmé Bob Sternfels, qui précise sur LinkedIn que le cabinet vise « une croissance de 20 % des effectifs de consultants, essentiellement à des postes de début de carrière ». Sur Bloomberg, le président a commenté : « Parmi les autres cabinets, beaucoup ne recrutent pas vraiment de jeunes profils. Et nous, nous leur disons : “Venez ! C’est un endroit formidable pour passer quelques années.” »
Pour le dirigeant de McKinsey, aucune chance donc que l’IA remplace les consultants, même juniors. « Les modèles LLM ne fixent pas d’objectifs ni d’ambitions. Il n’y a que l’humain pour dire : “Eh, si nous allions sur la Lune ?” […] Les modèles ne connaissent pas le bien et le mal, il faut les y entraîner. C’est aux humains de définir les valeurs de l’institution. […] Je pense sincèrement que les compétences d’interaction humaine sont immunisées contre l’IA. Je crois même qu’elles seront renforcées par l’IA. »
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