Commerzbank nomme une directrice générale débauchée chez McKinsey en 2014
Jusqu’ici directrice financière du deuxième groupe bancaire allemand, Bettina Orlopp devient DG avec comme objectif de repousser l’offensive de la banque italienne UniCredit. Elle fut partner de McKinsey durant 12 ans.
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Bettina Orlopp avait rejoint Commerzbank AG en 2014. Elle succède à Manfred Knof qui a quitté ses fonctions le 30 septembre.
Cette nomination intervient alors qu’UniCredit a renforcé sa participation dans la banque allemande début septembre, à 9 %, avant d’acquérir des actions supplémentaires portant ainsi sa participation à 21 %. La banque italienne basée à Milan a par ailleurs fait savoir qu’elle souhaitait désormais monter au capital à hauteur de 29,9 %.
Les dirigeants de Commerzbank ainsi que le gouvernement allemand, principal actionnaire jusqu’aux récentes actions d’UniCredit, ont fait savoir qu’ils s’opposent à toute OPA hostile.
La nouvelle DG connaît très bien Commerzbank – et le conseil en stratégie
Diplômée de l’Université de Ratisbonne en 1994, par ailleurs titulaire d’un doctorat en finance de la même université obtenu en 2002, Bettina Orlopp a commencé sa carrière au sein de la Firme en 1995, comme consultante au bureau de Munich. Sept ans plus tard, elle a été élue partner, restant 19 ans en tout au sein de la Firme.
En 2014, direction le deuxième groupe bancaire allemand : Commerzbank. D’abord membre du board de la division Développement et Stratégie du groupe, elle intègre 2 ans plus tard le comex, avant de devenir membre du conseil d’administration.
Depuis mars 2020, elle était directrice financière de Commerzbank en charge des départements Finances, Relations investisseurs, Fiscalité et Trésorerie. Bettina Orlopp était aussi devenue vice-présidente du conseil d’administration de la banque allemande, à la même date.
Lors d’une conférence de presse, la nouvelle DG a reconnu que « les développements actuels avec UniCredit avaient surpris la direction de Commerzbank », tout en appelant au calme.
Le deuxième groupe bancaire allemand a fait appel à plusieurs cabinets de strat’ depuis 2019
Ainsi, en 2019 et 2021, Bain a été mandaté tout d’abord pour mener une mission de réduction des coûts puis, 2 ans plus tard, en vue d’augmenter les revenus de la Commerzbank et de contenir ses coûts.
L’obtention de nouveaux mandats de gestion de fortune auprès de clients déjà engagés en banque privée, le développement de services digitaux ou liés au développement durable faisaient alors partie des évolutions préconisées – sur fond de plan de retournement de 4 ans initié en 2019 visant à augmenter la profitabilité du groupe. Un plan largement mis à mal par le contexte macro-économique.
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Si le tout digital, la décarbonation et les deals ont alimenté 24 mois de croissance hors-sol dans le conseil, la récré est finie, comme l’indiquent les récentes vagues de départ annoncées par PwC et McKinsey. La banque est très symptomatique de ce coup de frein. Commerzbank fait exception avec l’arrivée de Bain pour corriger sa stratégie pluriannuelle.
En 2019, le BCG et McKinsey avaient également mené des missions pour la Commerzbank, enjoignant la banque à réviser son business model.
La déstabilisation de Commerzbank date de la crise financière de 2008. Depuis, le groupe bancaire n’a pas réussi à redresser la barre. L’évolution des pratiques clients en contexte de crise sanitaire - nombre d’entre eux s’étant tournés vers des offres en ligne - l’a, entre autres, beaucoup affecté alors qu’il disposait d’un réseau significatif de succursales.
Si l’OPA hostile d’UniCredit ne pouvait être repoussée, « d’importantes pertes d’emplois » seraient à craindre selon Stefan Wittman, membre du conseil de surveillance de Commerzbank.
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