Affaire du Siècle : l’argument BCG qui s’est retourné contre l’État
C’est une jurisprudence historique pour les associations ((Fondation pour la nature et l'homme, Greenpeace France, Notre affaire à tous et Oxfam France) portant la campagne de justice climatique l’Affaire du Siècle initiée en décembre 2018 et visant à poursuivre en justice l'État pour inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
Après une audience en février dernier qui avait déjà condamné l’État à verser aux associations la somme d’un euro chacune en réparation de leur préjudice moral et ordonné un supplément d’instruction, le tribunal administratif de Paris a rendu une nouvelle décision en octobre 2021.
L’État devra ainsi verser aux quatre associations la somme de 2 000 euros chacune. Mais plus encore, « il est enjoint au Premier ministre et aux ministres compétents de prendre toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique et prévenir l’aggravation des dommages à hauteur de la part non compensée d’émissions de gaz à effet de serre […] La réparation du préjudice devra être effective au 31 décembre 2022, au plus tard ». (Le jugement intégral ici.)
Dans cette Affaire, le Boston Consulting Group avait mis la main à la pâte à la demande de l’État. Le cabinet avait en effet réalisé une mission d’étude d’impact de la loi Climat, rendue publique en février 2021 et parue au Journal officiel le 22 août 2021.
La loi et son étude d’impact avaient alors été largement critiquées, jugées partisanes, au service de la communication politique de l’État et en décalage avec la trajectoire carbone de la France (relire notre brève ici).
Aujourd’hui, changement de pied des associations vis-à-vis de cette étude par les associations qui la jugeaient moins-disante. Car c’est aussi sur la base de cette étude du BCG que l’association Oxfam s’est appuyée pour étayer sa dernière requête.
« En effet, cette étude indique que si l’ensemble des mesures d’ores et déjà adoptées […] est globalement à la hauteur de l’objectif de 2030, cette appréciation vaut uniquement ‘’sous réserve de leur exécution intégrale et volontariste’’, ce qui nécessiterait ‘’d’engager des moyens inédits et une mobilisation massive et pérenne de l’ensemble des composantes de la Nation ’’. Le constat opéré par cette étude indique que les mesures actuelles ne permettront pas d’atteindre les objectifs mais seulement, au mieux, de s’en approcher. Ainsi, à supposer même que ces mesures fassent l’objet d’une exécution intégrale et volontariste, et que l’État mobilise des moyens financiers sans précédent, la France ne pourrait atteindre que 38 % de réduction des émissions de GES, soit un taux inférieur à l’objectif de réduction de 40 % fixé par la loi », est-il notamment écrit par les associations requérantes dans la dernière décision du tribunal administratif.
Cette décision du tribunal administratif de Paris du 15 octobre, hautement symbolique, n’en reste pas moins insuffisante du côté des associations, car le tribunal n’a pas retenu la demande d’astreinte de 78 millions d’euros tous les six mois pour l’État et laisse le choix des mesures à prendre « à la libre appréciation du gouvernement », dans un délai, d’ici fin 2022, jugé pour certains trop long aux vues de l’urgence climatique.
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
secteur public
23/04/26Immersion dans ce projet de transformation récompensé par un trophée décerné à GRDF* – avec deux de ses protagonistes.
22/04/26Le cabinet a été choisi, en groupement, pour l’un des deux lots de cet accord-cadre.
21/04/26Mandaté pour générer jusqu’à 2 milliards de dollars d’économies, le BCG intervient au cœur de l’appareil administratif californien, mais les objectifs sont revus à la baisse.
15/04/26La diffusion de la proposition signée du programme de transformation de la santé rurale dans l’Oklahoma permet d’entrer dans les coulisses du processus commercial.
10/04/26CMI va accompagner la région dans le développement de ses filières économiques. Le récit de Philippe Bassot, associé expert du secteur public au sein du cabinet.
01/04/26Musées, théâtres, projets culturels territoriaux… : le conseil en strat peut-il s’y déployer sans en dénaturer l’esprit ? Consultor a exploré des terres fascinantes où « saltimbanques et géomètres » se font face.
31/03/26Zohran Mamdani a présenté mercredi une série de mesures pour contenir les dépenses de la ville, dont la fin d’un contrat avec le cabinet de conseil.
13/03/26Passé par le ministère de la Culture et l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), Pierre Mainguy devient directeur général délégué du pass Culture.
20/02/26À un an des négociations avec l’État et les partenaires sociaux, l’APEC cherche les cabinets qui l’aideront à optimiser son positionnement et poursuivre sa transformation.