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Arthur D. Little mis en vente par AltranAltran étudie la cession d'Arthur D. Little

"Altran rendra publique sa décision quant à Arthur D. Little d'ici la publication des résultats annuels" (06/01). En effet, le sort d'ADL se précise cette semaine : "Nous ne continuerons pas à accepter qu’Arthur D. Little dégage des marges dilutives pour l’ensemble du groupe", a ainsi déclaré le PDG d'Altran, le 14 mars, avant d'ajouter qu'un cabinet d’audit examine les options stratégiques possibles. Autrement dit, ADL est en vente, reste à trouver des acquéreurs potentiels.

Le premier cabinet de conseil en stratégie de l'histoire a toutes les peines à entrer dans le XXIe siècle

Fondé en 1886 par Arthur Dehon Little, Arthur D. Little a développé parallèlement ses activités de recherche scientifique et de conseil en stratégie d'entreprise. En 2002-2003, le cabinet a rencontré de graves difficultés financières (suite aux effets conjugés d'une très mauvaise gestion de ses actifs financiers et de la crise économique), qui ont forcé Arthur D. Little Inc à se vendre au français Altran Technologies , en gardant toutefois son autonomie.

La crise de 2008-2009 a elle aussi fortement touché le cabinet de stratégie, qui en dépit de nombreuses restructurations, n'avait toujours pas renoué avec la rentabilité au premier semestre 2010 (avec une perte nette représentant 13% de son CA), malgré la reprise déjà amorcée par les autres cabinets de conseil. Nous avions à cette occasion déjà mis en doute le futur d'ADL au sein d'Altran.

Altran est pressé par le marché pour céder Arthur D. Little

Altran est en effet pressé par ses actionnaires et les analystes pour se séparer d'ADL. En effet,  la marge de l'activité de conseil en stratégie reste dilutive pour Altran. Après les pertes chroniques réalisées ces dernières années, ADL a renoué avec la rentabilité au second semestre 2010, mais sa marge opérationnelle reste négative sur 2010 (elle était de -12,6% au S1 2010). Avec un CA représentant 8% de celui d'Altran, elle handicape trop sa maison mère pour que celle-ci atteigne son objectif affiché de +10% de marge opérationnelle dans les prochaines années.

D'autant plus que le moment paraît opportun pour une cession par Altran de son activité de conseil en stratégie:

  • Arthur D. Little a renoué avec la rentabilité au S2 2010, il peut donc être vendu sous des conditions plus favorables
  • ADL reste la dernière activité problématique pour Altran avant de finaliser la réorganisation de ses activité après la cession de ses activités au Brésil et celle de ses filiales Imagitek et Altran Control Solutions.
  • Altran a déjà déprécié de l'écart d'acquisition lié à l'achat d'ADL, peut-être pour mieux anticiper le montant de sa revente
  • Altran a annoncé vouloir poursuivre sa politique d'achats ciblés, la cession d'ADL pourrait lui fournir des moyens financiers pour réaliser cet objectif
  • Les appels des analystes financiers en faveur d'une telle cession, Gilbert Dupont par exemple : « Nous interpréterions cette inflexion stratégique comme une bonne nouvelle »

Quel futur pour Arthur D Little ?

Les intégrations de cabinets de conseil en management se font souvent bien difficilement : que ce soit AT Kearney (acheté par EDS), ou Celerant Consulting (acquis par Novell), les cabinets qui ont fini par reprendre leur indépendance, en ont tiré le plus grand profit. La question est maintenant de savoir si les membres du management d'Arthur D. Little ont les moyens, et l'envie, de racheter les actifs d'ADL. C'est peut être la seule option permettant de préserver l'indépendance au cabinet. En effet l'absence de synergie avec Altran pourrait décourager des acheteurs non présents dans le secteur du conseil.

Arthur D. Little pourrait également contribuer à la consolidation du secteur du conseil en stratégie. Si les rapprochements entre les activités de conseil de Deloitte et Roland Berger ou entre Booz and Co et AT Kearney ont échoué, ils étaient symptomatiques de la course à la taille engagée. Arthur D. Little, qui possède une marque forte mais se retrouve en position de faiblesse, pourrait donc satisfaire l'appétit d'un challenger pressé de grandir et de gagner en notoriété.

 

Consultor, portail du conseil en stratégie - 19/03/2011

 

MAJ le 02/05/2011 : Le PDG d'Altran, Yves de Chaisemartin a annoncé qu'une "décision a été prise" concernant l'avenir d'Arthur D. Little ; elle sera rendue publique d'ici le 10 juin (source :Reuters)

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