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ThinkstockPhotos-869551416-1-Article-anciens-CVA-epargne-millennialsSmartbees comptait parmi les 150 start-up européennes à avoir fait le déplacement fin janvier au Fintech Forum de Paris. Toutes veulent révolutionner une partie du secteur financier : Fidor dans la banque mobile ; iZettle dans les paiements mobiles ; Lendix dans les prêts aux entreprises ; GiniMachine, un outil d’intelligence artificielle pour évaluer le niveau de risque d’un emprunteur...

Smartbees entend, elle, s’attaquer de front aux rendements de l’épargne des millennials – les 20-40 ans nés entre 1980 et 2000 –, principale cible de la Fintech. Le concept : réduire l’insatisfaction grandissante des épargnants de cette classe d’âge vis-à-vis des solutions d’épargne qui leur sont proposées.

« 70% des millennials veulent se séparer du conseiller financier de leur parent »

« Les millennials représenteront prochainement environ 50% de la population active. Cependant, plus de 80% se plaignent des faibles rendements et des coûts élevés des produits d'épargne disponibles sur le marché », explique Jérémy Carlioz. « 70 % de ce panel déclare vouloir se séparer du conseiller financier de leur parent », renchérit Romain Courio.

Jérémy Carlioz et Romain Courio sont les deux fondateurs de Smartbees. Deux anciens consultants de Corporate Value Associates qui ont sauté ensemble le pas pour commencer une deuxième vie professionnelle entrepreneuriale. Camarades de promo à l’Essec (2012), ils entrent tous deux chez CVA pour des raisons similaires : se faire les dents pour ensuite voler de leurs propres ailes.

La maison de Paul-André Rabate et sa culture pour le moins compétitive était pour eux le bon endroit pour y arriver. « J’avais entendu parler de la culture élitiste et méritocratique de CVA, après un passage chez Lazard, c’est ce qui m’a attiré vers ce cabinet », se souvient Jérémy Carlioz.

CVA : une bonne école de la responsabilisation

En trois ans de maison, le récit de leurs principales missions laisse entrevoir la dose de responsabilisation qu’elles apportent. Exemples choisis : structurer la stratégie 2020 d’un assureur français ; coordonner le rapprochement d’une banque et d’un assureur en Belgique ; trouver de nouveaux débouchés commerciaux d’un fabricant d’ammoniaque dans le Golfe ; revoir le plan marketing et de production d’un fabricant de flacons et de dispenseurs de cosmétiques et de parfums...

En 2016, leur réseau et leur expérience de la finance – en wealth management chez Merrill Lynch pour Romain Courio et en M&A chez Lazard et Santander pour Jérémy Carlioz – les mettent sur la piste d’un nouveau défi professionnel.

Primo, pour quadriller le marché où ils veulent se faire une place. « En conseil, la recherche d’information et les interviews d'experts sont monnaie courante pour résoudre les problématiques d’un secteur », détaille Romain Courio.

Secundo, pour identifier le besoin auquel ils pouvaient apporter une offre de valeur ajoutée innovante : celui d’un gestionnaire d’épargne plus social, plus digital, plus pédagogique vis-à-vis de ses clients et plus transparent dans la nature des investissements choisis.

« On ne pourra plus présenter aux investisseurs des produits structurés en leur communiquant uniquement des acronymes et une description de trois lignes imprécises. Aujourd’hui, le client veut comprendre ce qu’il achète, les risques qu’il prend », s’amuse Jérémy Carlioz.

Des réflexes de consultant au moment de se lancer

La version 1 du club d’investissement Smartbees sort rapidement des cartons. Romain Courio quitte CVA en octobre 2016 et Jérémy Carlioz en avril 2017 et ils injectent 10 000 euros dans une société et peaufinent les contours de leur offre.

« Là, les réflexes du conseil sont revenus au galop », se souvient Jérémy Carlioz. Presque un an plus tard, les deux associés ont aidé au placement d’un million d’euros auprès d’une soixantaine d’épargnants en priorité dans deux domaines pour l’instant : la pharmacie – le père d’un des associés est lui-même pharmacien – et l’immobilier.

Jérémy Carlioz et Romain Courio interviennent auprès des épargnants en tant que conseillers en investissement financier reconnus par l’Autorité des marchés financiers, laissant les opérations à deux partenaires dans chacun de ces domaines. Leur volume d’activité ne leur garantit pas encore la rentabilité.

Pour tenir, les deux associés doivent étendre le modèle de Smartbees dans deux directions. Élargir rapidement la clientèle dans le conseil en investissement aux particuliers. Et chercher des partenariats BtoB sur le segment des entreprises – d’où leur présence active au Fintech Forum de Paris – avec des acteurs du wealth management.

Ce que l'entrepreneur ex-consultant sait moins bien faire

Un volet de réseautage auquel ils s’estiment moins bien préparés par les années passées dans le conseil. « Lorsqu’on est entrepreneur, on pitch son concept en continu, à tous ses interlocuteurs, personnels et professionnels. La reconnaissance de la marque et la vente reposent uniquement sur vous. Ce n’est pas quelque chose qu’on apprend à l’école ou en conseil », dit Jérémy Carlioz.

S’ils ne sont pas les seuls sur le créneau d’une nouvelle génération de services digitaux de conseil en investissement, à l’instar du coach financier en ligne Grisbee, les deux consultants revendiquent une culture très empirique et tournée vers l’amélioration par itérations successives.

Comme dit Jérémy Carlioz, « en conseil on entend souvent parler du 80/20. Faites 80% du travail pour comprendre la situation et ne vous perdez pas dans le détail des 20% restant. En startup ce serait plutôt du 50/50. La capacité d’exécution l’emporte sur l’idéation, il faut sortir son produit : done is better than perfect ».

Benjamin Polle pour Consultor.fr

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