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Le Financial Times a lâché, dimanche 5 juin, une véritable bombe pour McKinsey. Le journal révèle en effet que les lignes de démarcation entre le cabinet et son fond d'investissement, McKinsey Investment Office (MIO), ne sont pas si claires et encore moins étanches. En effet, le board de MIO est constitué en partie d'actuel Senior Partners de la firme, encore actifs chez les clients. De quoi soulever de sérieuses questions quant à d'éventuels conflits d'intérêt, d'autant plus que les statuts du MIO prévoient expressément qu'il ne s'interdit pas d'investir dans des clients de la maison mère.

MIO, qui gère pour 9.5 milliards de dollars d'avoirs, est en théorie totalement indépendant de McKinsey. Il emploie 80 salariés à travers le monde, salariés qui ne sont pas membres de McKinsey et travaillent dans des locaux séparés. Toutefois, le Financial Times révèle que 5 des 9,5 milliards de dollars sous gestion sont en fait des avoirs appartenant directement aux partners de McKinsey, le reste étant la propriété du fond de pension du cabinet. Lorsqu'un associé conseille un client, ses intérêts propres sont donc directement en jeux, puisqu'une partie de son argent a potentiellement été investie par MIO dans ce même client ou chez un concurrent. Et le trouble est encore plus grand lorsque l'on s'aperçoit que le board de MIO est constitué d'anciens mais également d'actuels Senior Partners de McKinsey (avec par exemple les responsables des practices énergie, banque d'investissement et private equity). Pour enfoncer le clou, le FT affirme qu'aucune biographie de Senior Partners de McKinsey présents au board de MIO ne mentionne cette activité.

McKinsey, interrogé par le FT, assure que son fond est totalement indépendant. Il rappelle par ailleurs qu'il est contrôlé par les autorités américaines et britanniques. Malgré tout, si la légalité d'une telle organisation n'est sans doute pas en cause, la question pourra se poser pour les clients de la neutralité des consultants de McKinsey. Une interrogation plus légitime encore lorsque l'on analyse les résultats de MIO. En 25 ans d'existence, il n'a été déficitaire qu'une seule fois, en 2008. En 2014, il affichait un rendement de 14%, très au-dessus des 3% de moyenne dans l'industrie des hedge funds.

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