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Place-de-Opra-Paris-Tous-droits-reserves-FlickrMi-août, c’en était fini de l’aventure commencée par Philippe Kaas à Paris en 1989. Juridiquement la passation était cadrée : le 13 août, les associés d’OC&C Paris n’étaient plus détenteurs de la marque. Et les adresses e-mail et les noms de domaine changeaient eux aussi de main pour revenir à OC&C International. Un réseau atypique dont le siège est à Londres et qui a fêté ses 30 ans cette année. La liquidation aura été de courte durée. Le même jour, une société est établie à Paris et domiciliée place de l’Opéra : OC&C Paris is back.

Une vingtaine de recrutements

Même pas mal donc ! Pour un ancien, la dominante d’OC&C dans le retail lui interdisait d’avoir pareil « trou dans la raquette » sur un des principaux marchés de consommation européens. Trois associés ont été dépêchés : Henri-Thierry Toutounji (Centrale Paris, 2004), associé du bureau de Londres depuis 2016, qui prend la direction de ce nouveau bureau, où il sera épaulé par David De Matteis, qui est, lui, passé par Paris et New York, et Philippe Pruneau.

Ce dernier est l’un des associés historiques d’OC&C en France qui avait quitté le cabinet en décembre 2016, avant de rejoindre cette nouvelle aventure en août 2017. Leur objectif est de recruter une vingtaine de personnes d’ici un an, pour se concentrer dans un premier temps sur le secteur de la grande distribution. Ce qui est très ambitieux.

Qu’est-ce qui a coincé entre la petite dizaine d’anciens associés parisiens et Londres où OC&C a été créé en 1987 ? En interne, le constat est partagé depuis plusieurs années. Il fallait rapprocher les bureaux les uns des autres et sortir de la multiplication des partnerships locaux chapeautés par Londres pour le marketing et la formation.

Une négociation de 18 mois

Dix-huit mois : c’est la période que Londres et Paris s’étaient laissés pour trouver un terrain d’entente. À Paris, « il y avait consensus sur le fait qu’il fallait investir », nous explique un ancien associé chez OC&C Paris, récemment passé chez EY-Parthenon.

À Londres, une discussion s’engage alors avec le managing partner David Krucik, remplacé en septembre par James George, et les associés français. Elle porte notamment sur les performances financières du bureau parisien, jugées insuffisantes. Une position commune tarde à se dessiner.

En septembre 2016, OC&C Benelux tombe dans l’escarcelle d’EY. Bruno Bousquié, Henri-Pierre Vacher, Guy-Noël Chatelin et d’autres associés parisiens trouvent le temps long et la position anglaise par trop indépendante quand, pour eux, le modèle économique appelle des investissements d’une autre ampleur.

« Tout sauf une guéguerre par communiqués interposés »

Décision est prise en interne de ne pas donner suite, pour finalement s’adosser à leur tour à EY, au terme de négociations menées avec Éric Mouchous et Bertrand Baret, respectivement directeur et directeur délégué de l’advisory d’EY pour l’Europe et le Maghreb. C’est notamment Bruno Bousquié qui a poussé en ce sens chez OC&C.

Son goût pour les projets de très grande ampleur est connu, ce qui est peu compatible avec le conseil en stratégie. Depuis, on appelle à la poursuite des affaires d’un côté comme de l’autre, disant à demi-mot sa déception : « Tout sauf une guéguerre par communiqués interposés ».

Quoique OC&C International monte apparemment systématiquement au créneau dès qu’il est question de revente de cabinets, tenant à faire valoir que la marque reste pleinement en sa maîtrise. « Le communiqué d’EY du 5 septembre a désormais plus de notes de bas de page qu’un slide PowerPoint de consultants. Ils ne viennent pas de nulle part », s’amuse une source.

Dès la première ligne, à l’annonce de l’acquisition d’OC&C France, le communiqué prend soin de préciser qu’il s’agit de « l’entité française sortie du réseau OC&C International en août 2017 ». Quant à la réouverture d’un bureau à Paris en catastrophe, d’autres tancent sur le ton de la blague « un bureau composé de deux associés londoniens qui feront un aller-retour par semaine ».

Ce qui a du moins le mérite de poser la question de l’avenir du réseau OC&C. « Il s’est beaucoup recentré sur le bureau londonien : après les rafles d’Oliver Wyman en Chine et à Boston, puis EY au Benelux et en France », explique un ancien désormais chez EY-Parthenon.

Déjà de nouveaux contrats à Paris

Henri-Thierry Toutounji est convaincu du contraire. De passage à Paris après le rassemblement de tous les consultants d’OC&C la semaine précédente à Berlin, il explique que « le planning commercial est désormais fait de manière concordante, les associés peuvent prospecter hors de leur zone, les bonifications sont harmonisées sur l’ensemble des bureaux ».

À Paris, un mois après l’ouverture, de nouveaux contrats seraient déjà tombés, dont l’un pour un moteur de recherche bien connu. « Les opérations et les P&L sont désormais intégrés mondialement (le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, la Chine, la Turquie, Pologne, NDLR), avec certains territoires encore en franchise le temps de la transition », plaide encore Henri-Thierry Toutounji.

Pour qui l’avenir du groupe est garanti par ses quatorze bureaux, ses 150 millions de dollars de chiffre d’affaires et de fortes croissances en Chine et aux États-Unis, un staff de consultants stable mondialement avec 500 personnes. Et pour donner le change au mouvement de consolidations à l’œuvre et à la course pour parvenir à une taille critique, des acquisitions en Italie et aux Pays-Bas – là où OC&C Benelux s’était fait engloutir par EY – seront prochainement officialisées. Ce qui ne fera pas d’OC&C un très grand du secteur – avec environ 300 consultants, son réseau mondial équivaut au bureau parisien du BCG –, mais permettra peut-être d’endiguer sa décomposition bureau par bureau.

Benjamin Polle pour Consultor.fr

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