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102519988-protest-uber.600x400Taxis, médias, hôtellerie, livraison jusqu’à l’éducation ou aux pressings... l’ubérisation gagne progressivement l’ensemble des secteurs de l’économie. Se pourrait-il donc que le conseil soit épargné ?

Ce n’est pas l’avis de Gaëlle Ottan, qui a justement fondé Myexperteam, une jeune plate-forme collaborative de conseil par téléphone ou visioconférence entre entrepreneurs et experts.

Elle voit dans ce modèle une façon d’offrir un service moins cher et plus spécialisé à des PME. De telles plates-formes existent déjà aux États-Unis, où elles sont plus développées qu’en France. Mais le phénomène n’a (pour l’instant) pas de quoi troubler la sérénité des cabinets en stratégie. « Je ne vais jamais dire jamais alors que je passe mon temps à expliquer à mes clients que l’ubérisation peut arriver un jour. Cependant je ne vois pas émerger un nouveau modèle économique », assure Bertrand Semaille, directeur général d’Eleven.

Un point de vue que partage Pascal Simon, partner du cabinet de conseil en stratégie Emerton. « Les pools de free-lances ont toujours existé, notamment dans les métiers de l’intérim management, cela n’a rien de très nouveau. Peut-être que ce type de plates-formes peut accélérer les vocations du côté des anciens consultants en cabinet et faciliter leurs démarches commerciales, mais cela ne va pas beaucoup plus loin », souligne-t-il. Les cabinets de stratégie se sentent d’autant moins concernés que l’uberisation frappe à leurs yeux des métiers peu qualifiés – à mille lieues des diplômes de grandes écoles de leurs consultants – et des segments de conseil éloignés de leur cœur de cible. « Plus que le conseil en stratégie, le coaching de dirigeants pourrait être davantage touché. Ou encore des cabinets qui ne feraient que mettre à disposition des ressources, or ça ne représente pas plus de 10 % de notre activité », indique Bertrand Semaille. La concurrence n’est donc pas directe.

D’ailleurs, plates-formes de consultants free-lances et cabinets offrent-ils le même genre de conseil ? Les cabinets sont évidemment convaincus que non. Et mettent en avant le caractère intuitu personae de la relation qui s’établit avec le client, ainsi que la valeur ajoutée des process et méthodes qui leur sont propres. « Les clients qui s’adressent à nous achètent une garantie de qualité et de savoir-faire d'une équipe plurielle (composée de partners, de chefs de projet et de consultants) et non celui, non garanti, d'un seul individu. Ils achètent également une force de frappe analytique importante et des compétences reconnues dans la gestion de projet », estime Pascal Simon d’Emerton. La spécialisation des cabinets pourrait offrir une défense supplémentaire face à l’uberisation. C’est en tout cas l’avis de Mehdi Messaoudi, en charge des opérations chez Ares & Co: « Dans un cabinet spécialisé comme le nôtre [ndlr : en Services Financiers], la qualité des interventions repose sur l’impact des consultants qui ont une connaissance très pointue du secteur et des sujets ». Sans compter que les politiques de référencement des acheteurs depuis une dizaine d’années ne plaident pas en faveur des plus petits acteurs du marché.

Certes, les consultants free-lances ne jouent pas dans la même catégorie que les cabinets en stratégie. Faut-il pourtant les balayer d’un revers de la main ? « J’y vois une complémentarité. Nous avons fait appel à des experts très pointus pour le compte d’un de nos clients, avec son accord. Et le résultat est, comme souvent, variable, suivant le profil et l’expertise avérée de l’expert identifié. Certains experts ont apporté des éléments très pertinents, d’autres se sont révélés moins intéressants. L’impression est positive, puisque, sur l’ensemble, on arrive à extraire beaucoup de valeur. Cette expérience conforte le fait que les cabinets de conseil joueront toujours leur rôle de filtre, d’appréciation fine de la qualité vis-à-vis de leurs clients », explique Raphaël Butruille, partner chez Vertone. De telles expériences restent cependant ponctuelles, et quand les cabinets prennent conseil auprès d’experts, ils se tournent généralement vers des senior advisors.

Gaëlle Ginibrière

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