Consultor le portail de référence du conseil en stratégie Consultor le portail de référence du conseil en stratégie

News, décryptages et perspectives
du conseil en stratégie

Laure HellichPour permettre à ses consultant(e)s de combiner développement professionnel et personnel, Kearney a mis en place un programme diversifié de missions solidaires entrant dans le cadre de sa politique de développement durable.

Sur la base du volontariat, les consultants mettent ainsi pendant quelques mois leurs compétences au service d’organisations à impact social, souvent des associations, avant de reprendre leur activité au sein du cabinet de conseil en stratégie.

Laure Hellich, jeune consultante chez Kearney à Paris, a contribué à l’instauration de ce programme, au côté de Pei Yun Teng, la Social Impact global director de Kearney, et y a participé – avec son lot de déceptions et d’enseignements. Elle nous en dit un peu plus.

Les consultants sont des citoyens avides de sens comme les autres, serait-on tenté de souligner en préambule à la présentation du programme de missions à impact social (Social Impact externship program) initié fin 2018 et lancé début 2019 par Kearney à destination de ses collaborateurs.

Le principe est de permettre aux volontaires intéressés par cette démarche de mobiliser leurs talents et compétences spécifiques (stratégie et management des organisations, gestion des enjeux économiques, etc.) au service d’un projet à impact social. Une dizaine de consultants de Kearney a pour l'heure participé à ce programme.

Laure Hellich, consultante chez Kearney depuis trois ans, fait partie de ces volontaires qui ont apporté leur pierre à l’édifice. Pendant ses années d’étude à Sciences Po et à Columbia, qui l’amènent à voyager (Royaume-Uni, États-Unis, Italie), pour le plus grand plaisir de cette globe-trotteuse, elle apporte son concours à l’association 180 Degrees Consulting qui fournit des services de conseil à des organisations à impact social.

À la Columbia University de New York, elle épaule ainsi une association faisant du soutien scolaire dans une école du quartier de Harlem puis s’investit auprès d’une start-up sociale en Afrique du Sud. « C’est une thématique qui m’a toujours intéressée, explique Laure Hellich, et chez Kearney, je me suis impliquée assez rapidement sur ces sujets. »

« Nous avons été victimes de notre succès »

Compte tenu de son appétence pour ces enjeux, quand elle arrive chez Kearney, où elle a fait par ailleurs son stage de fin d’études, on lui propose de rejoindre l’équipe RSE Monde chargée entre autres de mettre en musique le Social Impact externship program au sein de l’entreprise. Pendant trois mois, entre estimation de l’empreinte carbone et enquêtes RSE, Laure s’y investit sur le volet formalisation et déploiement.

« Au départ, c’était censé être un pilote, mais nous avons été en quelque sorte victimes de notre succès et le programme a été ouvert à l’ensemble des consultant(e)s du groupe », précise-t-elle. La participation au programme se fait sur une base de volontariat. Le consultant doit au préalable valider sa disponibilité avec son bureau ainsi que le staffing et le service RH, avant de motiver sa candidature auprès de l’équipe globale en charge du programme. Il s’agit ensuite de postuler directement auprès de l’organisation choisie et d’affiner avec elle le contenu et le timing de la mission. Les consultants peuvent être amenés à accompagner un panel assez large d’organisations pendant ces missions d’une durée de trois mois.

Citons, par exemple, Epic Collective (Malaisie) qui construit des logements pour les personnes les plus démunies et dans laquelle Laure Hellich a travaillé pendant trois mois (voir paragraphe suivant), Libertate Empresa Social de Inclusion pour l’inclusion sociale des personnes handicapées (Argentine), Red Argentina de Municipios frente al Cambio Climetico – RAMCC, qui rassemble des villes luttant contre le changement climatique (Argentine), Streetlights School qui agit pour un meilleur accès à l’éducation (Afrique du Sud), SNEHA – Society for Nutrition Education and Health Action, association qui œuvre en faveur des femmes démunies sur le plan de l’alimentation, de l’éducation et de la santé (Inde).

À Paris, Kearney a également mis en place une association loi 1901 (ATKare), créée en juillet 2019, qui permet aux consultants de s’engager dans des missions à impact social. Laure Hellich en est la cofondatrice et la trésorière. L'association a été créée pour donner un cadre formel à l'engagement de certains consultants sur ces sujets sociaux, et la visibilité à leurs actions au sein du bureau de Paris.

Direction la Malaisie

Quant à sa propre mission, Laure Hellich l’a menée auprès d’Epic Collective. Cette entreprise du secteur social, créée en 2010, a pour mission d’aider les individus à transformer leurs communautés et leur environnement par la formation et la mobilisation de volontaires.

Détail pratique : pour effectuer cette mission, elle prend un congé sabbatique de trois mois pendant lequel certains de ses frais (loyer, alimentation, etc.) sont pris en charge par Kearney. C’est ainsi que fin 2019, Laure descend de l’avion à Kuala Lumpur pour mener une mission de conseil bénévole auprès d’Epic Collective. L’organisation est alors engagée dans un projet de construction de logement pour les populations aborigènes de Malaisie.

Elle pense commencer à travailler sur un business plan et se retrouve à devoir se consacrer à la rédaction d’un document célébrant le 10e anniversaire de l’initiative, avant de mettre la main à la pâte, casque vissé sur la tête, en participant à un chantier de construction.

Un peu loin du premier objectif prévu, certes, mais l’expérience est formatrice pour elle sur bien des plans. Surtout que dix jours après son retour en France, le déclenchement de la crise sanitaire l’oblige au confinement. Elle doit alors à nouveau travailler le sens de l’adaptation, tout comme elle avait dû le faire en Malaisie.

« Si j’avais des conseils à donner aux candidat(e)s qui veulent tenter cette expérience, ce serait certainement de bien se renseigner sur la nature exacte de la mission, sur la structure d’accueil, de rester ouvert d’esprit et agile, une fois sur place. Une fois rentré au bureau, il est important de prendre le temps de se poser et de faire le point sur cette expérience, sur ce qu’elle a apporté humainement et professionnellement », préconise Laure Hellich.

Du côté de Kearney, on ne cache pas que le déploiement de ce programme vise aussi à répondre à l’appétence des nouvelles générations de recrues particulièrement attentives à cette démarche citoyenne qui leur permet de combiner développement personnel et professionnel.

« C’est un programme que nous avons monté d’abord et surtout afin de répondre toujours mieux aux aspirations de nos consultant(e)s », dit Nicolas Bienvenu, directeur communication et marketing France. Et d’ajouter que le programme est aussi « un atout pour la marque employeur, c’est évident ».

Emmanuelle Rosse pour Consultor.fr

Crédit photo : Epic Malaisie et portrait de Laure Hellich.

Commentaires   

+5 #1 N. Lozi 17-11-2020 19:05
Très belle expérience et témoignage !
Réflexion plus générale : de nombreux cabinets se lancent face aux candidats dans une course à qui sera le plus responsable... en cela ils ont bien compris les attentes de la nvlle génération.
Quid des risques de déception à moyen terme quand, en dehors des quelques missions pro bono ou autour des sujets de responsabilité, ces consultants se retrouvent sur des missions bcp plus fréquentes de réduction des côuts et effectifs, plans de réorg... ou doivent travailler pour des secteurs bien peu responsables (hydrocarbures, aérien, viande, fast-fashion etc.)... comment gérer la perte de sens sur ces missions inévitables dans tout parcours de consultant (surtout quand le discours était bien différent lors des recrutement) !?
Citer | Signaler ce contenu comme inapproprié

Ajouter un Commentaire

Consultor utilise des cookies pour vous offrir le meilleur service possible. En continuant votre navigation, vous acceptez notre utilisation des cookies.