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Jerome-Salomon--ADVANCY-361L’accès au rang d’associé fait vibrer ce secteur. C’est la consécration derrière laquelle courent ceux qui survivent à des parcours longs, résistent à la charge de travail, acceptent de renoncer à leur vie privée…

 

Alors comment y sont-elles et sont-ils arrivé(e)s et comment se sentent-ils (elles) quand ils (elles) touchent au but et sont élu(e)s ? Leur vie professionnelle est-elle chamboulée du tout au tout ? Quelle sera la prochaine étape ? Nous avons posé toutes ces questions à plusieurs associé(e)s parisien(ne)s récemment élu(e)s dont nous publions les portraits dans le cadre d’une série.

Épisode numéro trois (les un et deux à retrouver : ici et ) : à sa sortie de l’école, Jérôme Salomon se serait bien vu poursuivre dans l’aéronautique. Faute d’opportunités d’emplois à l’instant T, ce sera finalement le conseil chez Advancy. Un choix bis qui l’a porté loin puisqu’il est devenu partner du cabinet en janvier 2018.

Et à tambour battant puisque entre son entrée dans le cabinet en janvier 2010 et son accession au partnership, huit années se sont écoulées, loin des temps « normaux » du secteur. Son portrait est à lire ci-dessous.

« Je ne connaissais pas vraiment le métier », reconnaît Jérôme Salomon, quand on l’interroge sur ce qui l’a motivé à choisir une carrière de consultant en stratégie. Et il est vrai que ce n’était pas son premier choix. Diplômé de l’École centrale de Paris (promotion 2007) et après un stage de fin d’études suivi d’un volontariat international à l’étranger (VIE) chez Dassault aux États-Unis, où il travaille à l’amélioration de procédés en matière de conception des intérieurs d’avion, le jeune ingénieur aurait bien aimé rester dans cette voie.

Mais on est en 2009 et Dassault Aviation, plongé dans les tourbillons de la crise économique, a fermé le robinet des recrutements. De retour en France, faute d’avoir trouvé un poste d’ingénieur, il démarre une carrière de consultant chez Oresys, cabinet de conseil en management et organisation.

« Je travaillais surtout sur des projets de transformation assez longs, des problématiques IT ou RH, notamment dans le domaine des transports », précise-t-il. Un an plus tard, il rejoint Advancy, qui compte alors une trentaine de consultants : « Je voulais m’orienter vers des sujets plus core business de l’entreprise et travailler au sein d’un petit cabinet, parce que le côté “entrepreneur” a des répercussions très concrètes : les procédures internes sont plus légères et flexibles, et une grande liberté est laissée aux consultants. »

« On se retrouve vite cinq jours par semaine dans l’usine en région »

Avec son background d’ingénieur, il travaille essentiellement – « hormis quelques missions éclair dans le retail » –, pour le secteur de l’industrie. Le développement de son expertise suit celui d’Advancy, « dont le portefeuille de clients a évolué entre 2010 et aujourd’hui », explique-t-il. Il débute avec des missions d’optimisation des opérations (lean manufacturing, gestion des stocks…), « qu’Advancy fait de moins en moins ».

Des missions qui sont « très intéressantes », mais « on se retrouve vite cinq jours par semaine dans l’usine en région, et pendant plusieurs mois ». C’est pourquoi il est arrivé un moment où il a demandé « à faire moins d’opérationnel et davantage de stratégie ». Désormais spécialisé sur les industries de process, il travaille « pour des fonds d’investissement, particulièrement actifs dernièrement et qui représentent entre 60 à 70 % de mon activité, des groupes industriels du CAC40 ou européens, ainsi que des ETI françaises et européennes avec qui nous travaillons dans la continuité sur des missions de stratégie et de due diligence ».

Pas « programmé » pour le conseil, mais devenu accro

Coopté associé en janvier dernier, à 33 ans, Jérôme Salomon fait aujourd’hui partie des dix associés parisiens d’Advancy, qui réunit désormais plus de soixante-dix consultants à Paris. Depuis cette nomination, il trouve que sa vie de consultant n’a pas fondamentalement changé au quotidien dans la mesure où il faisait déjà « de la gestion client et du développement commercial en tant que principal ».

En parallèle, il reste « très impliqué dans les missions, parce que c’est la politique de la maison et parce que c’est ce que j’aime faire ». Mais il est « moins dans l’exécution et davantage sur la définition de la feuille de route ainsi que la sécurisation du livrable [les éléments finaux remis au client, ndlr] », sans oublier le volet commercial.

Et s’il estime qu’au final sa charge globale de travail n’a pas vraiment changé, il apprécie de disposer de « plus de flexibilité et d’autonomie ». Pas de révolution non plus en ce qui concerne la prise de participation dans le capital du cabinet car chez Advancy, « les managers et les principals ont déjà des parts dans la société ». « J’étais déjà associé au capital et je le reste, sans avoir besoin de m’endetter comme cela peut être le cas dans d’autres cabinets », relève-t-il.

Jouer collectif sur le commercial

Et bien que non « programmé » pour le conseil à l’origine, il dit n’avoir jamais, depuis son entrée dans le métier, été tenté d’aller voir ailleurs : « J’ai rencontré des chasseurs de têtes pour quelques postes en entreprise, mais cela n’a jamais été très loin parce que je n’ai rien trouvé qui me conviendrait mieux que le conseil ».

Le passage au statut d’associé a en revanche un impact sur la relation avec les équipes. « On s’éloigne un peu des consultants par la force des choses, dit-il. Être partner change la vision que les équipes ont de moi, et le fait de traiter davantage de missions en même temps a un impact sur les relations avec les consultants. »

Côté clients, la relation est plus directe : « Nous sommes toujours plusieurs à rédiger les propositions, mais désormais je prends en charge la phase de négociation sur le scope et le budget. » Sur le volet commercial, « l’objectif est de jouer collectif, et on ne mesure pas les résultats de manière individuelle pour calculer le bonus de rémunération : ce qui compte, c’est le développement de la practice et du cabinet ».

Ainsi, avec Sébastien David, senior partner en charge de la practice industrie de process, « nous établissons tous les ans une feuille de route pour la practice chimie, dont nous discutons ensuite avec tous les associés ».

Un rôle RH renforcé

Déjà très impliqué dans le recrutement et le management des consultants dès le stade de manager, il accorde une grande importance au volet RH de son métier. Ce que son statut de partner a encore davantage exacerbé : « J’ai une vision assez lucide des contraintes du métier en termes de niveau d’exigences et parfois en termes de planning des missions. Je fais très attention à la façon dont on traite les consultants, y compris en termes de compensation, qu’elle soit financière ou en temps de récupération. »

Il est également très vigilant sur certains leviers qu’il convient d’actionner pour améliorer le quotidien – le sien et celui de ses équipes. « Il faut se forcer à prioriser parce que c’est un métier dans lequel on peut toujours faire plus, on peut toujours aller plus loin dans le détail. Or, parfois, ça en vaut la peine, parfois, ça ne sert à rien. C’est un vrai levier d’optimisation du temps, qui peut faire une grosse différence. L’autre levier actionnable, c’est la flexibilité : on ne peut pas éviter les coups de bourre, mais dès que l’on peut lever le pied et il faut le faire vraiment, profiter pleinement de la flexibilité de ce métier. »

Autant de convictions qu’il s’est forgées au fil de son propre parcours et qu’il s’attache à respecter, y compris dans ses nouveaux habits de partner. « Je ne travaille pas le week-end – ou très exceptionnellement, c’est-à-dire trois fois par an maximum – et je suis très rarement dérangé pendant les vacances. Cet été, par exemple, j’ai pris quatre semaines – le cabinet ferme pendant trois semaines en août – et je n’ai pas du tout été dérangé. »

Quant à ses soirées en semaine, il préfère les passer au calme chez lui, surtout depuis qu’il n’a plus besoin de mettre le réveil le matin : « J’ai un fils de 8 mois qui se réveille à 6 heures tous les jours », glisse-t-il avec un sourire. Et de conclure sur une certitude : « Si je suis là aujourd’hui, c’est aussi parce que j’ai réussi à garder un bon équilibre vie personnelle/vie professionnelle, sinon j’aurais quitté le conseil. »

Miren Lartigue pour Consultor.fr

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