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Olivier-MarchalC’est un rôle public dans lequel on n’imagine pas a priori un consultant en stratégie : pourfendeur de la dette, du niveau des dépenses publiques, et soutien du nombre et de la pertinence des réformes du gouvernement Macron.

 

Pourtant, depuis sa prise de position publique à l’entre-deux-tours de la dernière élection présidentielle française en faveur du candidat Emmanuel Macron, Olivier Marchal, le chairman de Bain en France, a poursuivi des prises de parole publique sur l’action de l’État et les réformes économiques jugées urgentes.

C’est loin de la grande discrétion intrinsèque au métier de consultant en stratégie, plus habitué aux coulisses des grandes entreprises. Une différence qui s’explique aussi parce qu’Olivier Marchal est vice-président de Consult’in, l’organisation représentative du secteur du conseil en France.

« Nous ne faisions que pousser des cris d’alerte, nous pouvons enfin dire « ouf » devant l’amplitude et la rapidité des réformes entreprises », a-t-il indiqué à Consultor à l’occasion d’un bilan d’étape un an après la publication d’Accélérer. L’ouvrage paru l’an dernier avant l’élection présidentielle recensait trente et une pistes de réforme du marché de l’emploi et de la fiscalité, avec l’objectif de renforcer la compétitivité française.

Olivier Marchal, Daniel Baroin, senior advisor chez Carewan by KPMG et Rémi Legrand, associé d’Eurogroup Consulting et président de Consult’in France, ont présenté ces derniers jours les conclusions de leur bilan à l’Élysée et à Bercy et continueront de le faire dans différents ministères et à l’Assemblée nationale ces prochaines semaines. Interview.

Consultor : L’an dernier, avant l’élection d’Emmanuel Macron, vous aviez pris publiquement fait et cause pour le soutenir. Pourquoi ?

Olivier Marchal : Je m’exprimais à titre personnel entre les deux tours de l’élection présidentielle. Il me semblait alors qu’il y avait un choix catastrophique pour le pays, et un autre plus positif. Il était de ma responsabilité de faire passer ce message.

Est-ce aussi de la responsabilité d’un patron de cabinet de conseil que de faire passer des messages publics ?

Je pense qu’on peut être chef d’entreprise ou consultant et pouvoir s’exprimer sur la chose publique. Notre métier est d’aider les entreprises dans leur développement et à s’installer à l’international. Nous connaissons les entreprises et la conjoncture. Il est légitime que nous prenions la parole.

Quel est votre intérêt en tant que chairman de Bain à prendre la parole ?

Peser et influer fait partie de mon rôle.

Quel bilan faites-vous de la première année d’Emmanuel Macron au gouvernement ?

Beaucoup a été fait. L’an dernier, nous formulions trente et un vœux de réforme en faveur de la compétitivité. Nous considérons un an après que vingt-quatre ont été abordés ou vont être abordés par le gouvernement. Des premiers résultats sont tangibles dans les entreprises ou dans la confiance des acteurs économiques. Reste à s’attaquer sérieusement à la dépense publique, à la baisse de la fiscalité pour les entreprises, à la baisse du coût du travail et à la formation professionnelle.

Comment réduit-on l’écart entre les adorateurs de la « start-up nation » et ceux qui souffrent des entreprises et les rejettent ?

Nous, consultants, savons que la transformation des entreprises passe par quelques ingrédients de succès. Réformer l’État revient un peu au même. Primo : avoir une vision claire sur ce que l’on veut faire. Deusio : être honnête sur les efforts, les sacrifices et le temps requis pour y arriver. Ce qui demande une communication répétée, claire et pédagogique, dans un pays où il existe un déficit de compréhension des leviers de l’économie.

Ne faut-il pas inventer aussi d’autres modes d’organisation des entreprises ?

Il y a de nombreuses choses à inventer. Mais ce n’est pas le rôle de l’État que de le faire. À lui la fiscalité et les règles du travail, mais aux entreprises de créer et de recréer le travail. L’invention de l’entreprise et sa réinvention sont le job de l’entreprise, pas uniquement de son patron, mais aussi de l’ensemble du corps social qui y interagit.

Quels sont vos liens avec l’administration Macron aujourd’hui ?

Des liens de communication. Nous tâchons de faire passer les messages que nous avons peaufinés sur la compétitivité auprès du gouvernement, dans les ministères et au Parlement. Ce que nous poursuivrons dans les semaines qui viennent devant les commissions de l’Assemblée nationale.

Propos recueillis par Benjamin Polle pour Consultor.fr

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