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boite-outils-business-casesLes business cases constituent une bonne moitié de l’évaluation des candidats lors des recrutements dans le conseil en stratégie. Consultor fait le tour des meilleurs outils actuellement utilisés pour se préparer à ces problèmes d’affaires (chute de la rentabilité, réduction des coûts, croissance externe…).

Gare aussi au premier des travers de l'entraînement : le trop-plein de préparation et la récitation de prêt-à-penser le jour de l’entretien.

Case in Point à tous les étages. Vingt ans après sa première édition en 1999, le livre de préparation aux business cases publié par l’ancien directeur du conseil carrière à Harvard reste, pour nombre d’étudiants, le must de la préparation aux entretiens de recrutements dans le conseil en stratégie. À HEC, c’est le bouquin le plus emprunté à la bibliothèque par les wannabe stratèges.

Idem à Polytechnique où un étudiant nous explique que les candidats ne reçoivent pas de formation en particulier et se jettent donc sur le manuel qui s’est écoulé à 150 000 exemplaires dans le monde.

« Il existe une forme de statu quo. Les livres comme le Case in point sont réputés comme étant les références au sein de la communauté étudiante, et sont les premiers cités par nos aînés quand un étudiant se lance dans la préparation aux entretiens. Le site d’HEC les liste dans les ressources conseil », commente Adrien Bellamy, le président de HEC Consulting Club.

Dans la Pléiade du business cases à HEC, il y a bien sûr Case in Point. Qui n’est pas l’alpha et l’oméga : la preuve ses schémas types de résolution sont loin d’être connus de tous les étudiants qui se préparent avec le livre.

À Jouy-en-Josas, les enseignants recommandent également Case Interview Secrets, l’ouvrage de Victor Cheng, ancien consultant chez McKinsey devenu une référence de ces cas d’affaires, et Crack The Case, autre anthologie de cas rédigée par David Ohrvall, lui aussi un ancien consultant d’Andersen puis de Bain & Company.

À l’ESCP-Europe, Thierry Boudes, professeur de stratégie, renvoie ses étudiants vers le Réussir les entretiens dans les cabinets de conseil de Victor Mamou.

En creux, une réalité immuable demeure : l’entrée dans les cabinets de conseil en stratégie passe par une maîtrise des business cases, cas d’affaires auxquels les candidats sont confrontés à chaque nouvel entretien et qui comptent pour une bonne moitié de l’évaluation globale.

En clair, pas de maîtrise de la résolution des business cases, pas d’embauche. Les grands types de cas n’ont pas radicalement changé avec le temps (voir le tableau ci-dessous). Tout juste, Astrid Rupp, la directrice marketing de PrepLounge – le réseau social en ligne créé en 2012 où il est possible de s’exercer en binôme – note que « la tendance aux brainteasers arrive petit à petit à son terme. On voit de moins en moins de sociétés de conseil chercher à déstabiliser les candidats avec un problème logique déconcertant ».

Une typologie de cas – à peu près – inchangée

Image2Sources : Case in Point, Vocaprep et Etude-de-cas.fr

Plein d’exceptions

À peu près rien de neuf sous le soleil, donc. Sauf que, concrètement, les cabinets ajoutent tous leur propre griffe à ces business cases types. Chez A.T. Kearney, cela peut par exemple être une étude de cas d’une dizaine de minutes sur une actualité macroéconomique dominante. On donne aux candidats une tablette en leur demandant de préparer une brève réponse structurée et en dix minutes maximum.

QCM logiques sur ordinateur chez Oliver Wyman, questions à distance pour L.E.K… chaque cabinet y va d’une forme de personnalisation des cas.

Bain Paris revoit le format des cas pour ses candidats juniors et seniors

Comme Bain, dont le bureau parisien a refondu il y a trois ans une partie des cas proposés aux candidats. « Pour les juniors, devant le volume de candidatures adressées au bureau – 5 000 en rythme annuel selon les derniers chiffres –, le cabinet a décidé de faire évoluer son processus de recrutement avec un test en ligne auxquels les candidats se soumettent sur iPad dans les locaux de Bain, explique Catherine Pain Morgado, la directrice du recrutement de Bain. Et pour les seniors, nous avons ajouté un exercice de réflexion business. L’idée est de laisser la parole au candidat sur un secteur qu’il connaît ou une mission qu’il a faite et de tester sa hauteur de vue. »

Objectif : sortir d’un exercice trop scolaire ou de l’étalage de « trucs » comportementaux dont les candidats pourraient penser a priori qu’ils sont les bienvenus.

Un des MBB envoie une partie des candidats vers un site de préparation

« Quand les candidats passent plusieurs minutes à reformuler l’intitulé d’un cas, alors que l’associé vient de passer dix minutes à le faire lui-même, il peut y avoir un peu d’agacement », glisse anonymement un associé d’un cabinet parisien régulièrement confronté à des postulants.

Pour éviter des profils mal préparés ou formatés, l'un des trois MBB (McKinsey - Boston Consulting Group - Bain & Company) a par exemple confié à un cabinet de chasseurs de têtes, la préparation d’une partie de ses candidats via un site dédié, Casecoach.com.

Plusieurs bureaux européens de ce cabinet, dont Paris, y ont recours et envoient les candidats s’y préparer. Sur ce site, ces derniers peuvent notamment y trouver des dizaines de vidéos portant sur les modèles de réponses (frameworks) les plus fréquents avec lesquels résoudre les business cases (profits, topline, coûts, nouveaux marchés, nouveaux produits).

Cinq cents étudiants de la London School of Economics y ont également accès. Et des discussions sont en cours avec plusieurs écoles de commerces françaises, comme l’ESCP, l’EM Lyon ou l’Edhec. Au total, 1 500 personnes sont inscrites sur le site.

En cela, Casecoach est le dernier-né d’une vague de sites Internet – principalement anglo-saxons – dont l’objectif est d’aider à la préparation aux entretiens de recrutement et aux business cases en particulier.

Pléthore de sites

Et d’autres nouveautés sont encore en préparation, en témoigne un ancien manager en MBB qui, anonymement sur Reddit, et fort de son expérience de recrutement en cabinet, a annoncé son intention de créer un nouveau site.

Contacté par Consultor, il indique que le lancement de ce nouveau site interviendra en mai. Son constat est sans appel : les sites existants sont soit peu interactifs, soit nourris de cas désuets. Le site en préparation, dit-il, se voudra une interface réellement plus interactive et plus proche de ce qui se fait vraiment dans chaque cabinet.

Avant lui, il y a eu Vocaprep, un MOOC spécifiquement dédié à la préparation des entretiens au conseil en stratégie, créé à Montréal en 2016. Caseinterviews, Firmsconsulting, MyConsultingCoach, Rocketblocks, Vault… sont autant d’autres références désormais connues.

À l’Edhec, Maâmar Gomeri, le fondateur du consulting club de l’école en 2016 et actuel étudiant du master en international strategy consulting, recourt par exemple à Vocaprep dans un parcours progressif de préparation aux business cases qu’il estime à six mois.

Ici encore Case in Point, ou les ouvrages équivalents, est un point de départ, en parallèle d’une des plateformes de vidéos existantes en ligne. Puis, l’essentiel de la préparation doit ensuite porter sur la pratique collective.

1 001 manières de s’exercer à plusieurs

« Contacter les anciens de son école recrutés dans le cabinet cible est le moyen le plus répandu de se préparer aux cas », témoigne Catherine Pain Morgado. ACE, le club de consulting de l’ESCP, met en place des groupes Facebook pour coordonner et connecter les étudiants. Et le club entretient aussi une base des cas récemment donnés en entretien. Une base qu’alimentent la plupart des étudiants dernièrement reçus. PrepLounge, avec ses 15 000 inscrits en France depuis le démarrage en 2012, ses 157 cas accessibles en ligne et ses possibilités de mise en situation via Skype, est un autre moyen de se tester.

Bootcamps, apéritifs, sessions d’exercices aux cas organisés par les cabinets… Là aussi les possibilités sont légion. « Pour la préparation aux cas comme aux entretiens, je conseille aux étudiants de ne surtout pas se mettre dans une logique individuelle. Ce qui permet de démultiplier les moyens d’entraînement et la veille sur les ressources existantes plus ou moins bien indexées », estime Thierry Boudes.

Un volet collectif sur lequel récemment HEC insiste davantage. L’école a ouvert des sessions collectives le week-end où un étudiant présente un cas devant le reste de ses camarades et le pôle carrières fait intervenir un ancien consultant de Roland Berger pour des sessions intensives en petits groupes.

Un parcours du combattant qui pourrait laisser penser que travailler un maximum individuellement et collectivement suffit à décrocher le sésame de business cases réussis en entretien. La recette est séduisante, mais n’est pas aussi automatique. Gare à la standardisation.

Car, comme défend Sylvie Jaulin, directrice en charge du recrutement et de la formation chez Kea : « Nous cherchons à tester aussi l’agilité du candidat, sa capacité à exploiter les perches tendues, la souplesse de son raisonnement et beaucoup d’autres choses qui ne sont dans aucun livre. »

Pour résumer : les ressources actuelles pour se préparer aux business cases dans le conseil en stratégie (liste non exhaustive)

Par Benjamin Polle pour Consultor.fr

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