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C’est une décision couperet, annoncée aux salariés de l’usine Bosch de Rodez, qui fait bondir les syndicats, la CGT et Sud en tête.

Suite à un rapport confié à Roland Berger en 2018 dans un premier temps, puis à AlixPartners l’année suivante, la direction du site vient d’annoncer la suppression de 750 emplois d’ici 2025, sur 1 250 actuellement (ils étaient encore 1 600 en 2017 et jusqu’à 2 300 en 2003). Ce site est pourtant labellisé « usine du futur » avec un haut niveau d’automatisation. Une décision que le président de Bosch France et Benelux, Heiko Carrie, présente comme « indispensable » à la survie du site. En 2019, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, après un déplacement sur place, avait pourtant appelé le groupe allemand à « tenir ses engagements » de sauvegarde des emplois de son site aveyronnais, « pas satisfait » de la situation. « Nous avons sauvé cette usine après des mois de discussions. Si l’État n’était pas intervenu, on ne parlerait plus du site de Bosch à Rodez », tempère-t-il aujourd’hui.

Le cabinet Roland Berger avait pour mission d’étudier des voies de diversification en installant des entreprises sur le site. « Ils ont identifié des micro-activités d’usinage de pièces pour l’aéronautique, le secteur médical et l’horlogerie. Mais on ne voit pas comment un groupe comme Bosch serait sous-traitant de PME d’usinage », avait alors pointé Yannick Anglarès de la CGT. 

Lorsque le cabinet AlixPartners avait été désigné par la direction, Sud n’avait pas attendu avant de réagir. « On voit les résultats du travail de ce cabinet à l’usine Whirpool, à Amiens. Aujourd'hui, les salariés de cette usine sont dans l’impasse. Nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation. » Ce dernier rapport, avec à la clef la suppression de 60 % des effectifs, est jugé trop sévère, et pour le moins méprisant par la CGT qui a organisé une manifestation le 5 mars dernier à l’occasion d’un CSE extraordinaire. Les quelque 200 manifestants, appuyés par le syndicat, ont accueilli la direction avec une banderole « Les bouseux trop payés vous saluent », jugeant l’audit insultant et décrédibilisant. Un territoire « trop rural, trop enclavé, mal desservi », des salaires « trop élevés » à l’usine Bosch, qui est « trop rouge » et dans laquelle le climat social serait « trop tendu », selon les représentants syndicaux interrogés par France Bleu. « Cela supprimerait 350 emplois en 2020 et augmenterait les coûts fixes de l’usine, qui serait menacée à terme », avait déjà prévenu le délégué CGT, Yannick Anglarès.

De l’autre côté, la direction de l’entreprise allemande, qui fabrique sur le site des injecteurs et des bougies pour véhicules diesel, fait face à une demande en chute libre depuis plusieurs années. Elle se justifie en donnant des chiffres : le marché automobile mondial est en baisse de plus de 20 % depuis 2017 ; la part du diesel a « considérablement diminué », passant en France pour les véhicules particuliers de 73 % en 2012 à 25 % début 2021. « Ces évolutions obligent l’industrie automobile à mener des adaptations majeures, et Bosch ne fait pas exception. Le site Bosch de Rodez est directement impacté par ces défis, car il produit exclusivement des composants pour moteurs diesel », est-il précisé dans le communiqué. Cette restructuration assurerait, selon la direction, « une vraie perspective pour le site et une stabilité nécessaire pour les années à venir. (...) On n’est plus dans une logique de fermeture du site ». Une annonce qui sonne la fin du diesel de masse…

bosch

Crédit : Y. Anglares  secrétaire CGT  Bosch Rodez - "haie de déshonneur" des salariés de la Bosch à leur direction le 05/03/20.

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