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La compagnie aérienne privée allemande Lufthansa, 70 000 salariés en Allemagne, traverse une période de grandes turbulences. Elle est confrontée depuis la crise du covid-19, tout comme l'ensemble du secteur aérien, à une crise sans précédent : 700 de ses 760 avions ont été cloués au sol et le nombre de passagers a baissé de 99 %.

Le groupe affirme perdre un million d’euros par heure. Brussels Airlines, l’une de ses filiales, envisage de supprimer ¼ de ses effectifs, soit environ 1 000 emplois. Pour éviter la faillite, l’État pourrait ainsi revenir après plus de vingt ans d’absence dans le capital de l’ancienne compagnie publique (une participation de 20 %), et devrait débloquer la somme de 9 milliards d’euros.

C’est le Boston Consulting Group qui accompagne la Lufthansa dans sa stratégie de sauvetage de l’entreprise. La compagnie aérienne, soutenue par le BCG, veut engager une demande de procédure dite de « bouclier protecteur » (poursuite de l’activité et la mise en place d’un processus de restructuration*), conformément à l’article 270b du Code allemand de l’insolvabilité. Cette variante de procédure d’insolvabilité autoadministrée (un administrateur est nommé pour représenter les intérêts des créanciers) est une alternative pour faire face à la non-compétitivité de l’entreprise. Pour le gouvernement fédéral, cette option est considérée comme une simple tactique de négociation de la part de la Lufthansa. Car même dans le cas d’une telle procédure, le groupe, toujours avec la plupart des avions cloués au sol, serait probablement tributaire d’un prêt du gouvernement fédéral.

Hasard ou pas, le nouveau CFO de la Lufthansa, depuis le 1er mai, Patrick Staudacher, était senior partner, managing director au bureau munichois du BCG depuis juillet 2019. Il était entré au BCG en 2008 comme principal project manager, et avait été nommé partner managing director en 2013. Ses practices : industries et consommation, dans les secteurs de l’aviation, l’aérospatiale et la défense. Il était aussi l’un des leaders des équipes européennes d’intégration post-fusion et celle de l’aérospatiale et de la défense du BCG.

*Dans ce cas, les salaires des employés de Lufthansa seraient couverts pendant trois mois grâce à l’indemnité de mise en faillite, pour un coût de plusieurs milliards d’euros. Par ailleurs, le groupe pourrait également se dédouaner de ses engagements sur les pensions de retraite qui, selon le rapport annuel, s’élevaient à près de 7 milliards d'euros. Ce serait à la Pension Insurance Association (PSV) de couvrir ces dépenses. Une très mauvaise nouvelle pour les entreprises allemandes qui devraient financer, sous forme de contributions annuelles, et le coût de la faillite, et le PSV.

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Crédit :  Luffthansa - avions A340-600 D-AIHY garés à Francfort à cause de la crise du covid-19 le 23.03.2020 @photographe : Oliver Roesler

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