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Facilitation d'ouvertures de comptes bancaires non transparents, paiements de missions via des sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux, aide à l'optimisation fiscale, absence de signalement aux autorités de mouvements comptables non justifiés : tels sont quelques-uns des actes qui sont reprochés au BCG – The Boston Consulting Group, à McKinsey and Company et à PwC dans les « Luanda Leaks », du nom de la capitale de l’Angola.

Cette enquête est consacrée aux sources de la fortune de la milliardaire angolaise Isabel dos Santos, âgée de 46 ans, la fille de Jose Eduardo dos Santos, qui a dirigé l’Angola d’une main de fer pendant trente-huit ans (1979-2017), et de son mari danois d'origine congolaise Sindika Dokolo.

La « princesse de Luanda » est accusée d’avoir « siphonné les caisses du pays », selon l'AFP qui cite Le Monde. Sa fortune personnelle est estimée à plus de deux milliards de dollars, notamment bâtie par ses participations dans les sociétés angolaises d'exports de diamants, de pétrole, de télécommunications ou de banque. Déjà en décembre, la justice angolaise la soupçonnait d’avoir détourné, avec Sindika Dokolo, plus d’un milliard de dollars des comptes des entreprises publiques Sonangol (pétrole) et Endiama (diamant) pour nourrir ses propres affaires. Isabel dos Santos avait été nommée en 2016 par son père à la tête de la société Sonangol.

L'enquête, fondée sur la fuite de 715 000 documents, a été publiée dimanche 19 janvier par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Elle décrit une « nébuleuse composée de 400 sociétés identifiées dans quarante et un pays » qui aurait permis à Isabel dos Santos de pratiquer un « schéma d’accaparement des richesses publiques », selon Le Monde, l'un des médias associés à l'enquête internationale.

Le concours du BCG à Grisogono, le bijoutier suisse de luxe, au capital duquel Sindika Dokolo est un des principaux investisseurs, y est pointé du doigt. Une équipe de consultants du bureau de Lisbonne y est intervenue alors que, durement endetté, le bijoutier fut renfloué par la Sodiam, la société nationale d'extraction de diamants, à hauteur de 120 millions de dollars. Les missions du BCG se sont limitées à trois projets et se sont arrêtées en 2013, assure le cabinet cité par le New York Times, en réaction à ces publications.

Autre allégation concernant le BCG et McKinsey : ces deux cabinets ont accepté le paiement de missions de restructuration de la Sonangol, l'entreprise publique pétrolière, non pas en direct, mais via Wise Intelligence Solutions, une société établie à Malte et créée par décret de Jose Eduardo dos Santos. Ces missions se sont arrêtées en novembre 2017, a fait savoir le BCG. PwC et McKinsey n'ont pas donné de détails sur le calendrier de leurs missions pour la Sonangol.

Le dernier volet consulting de cette enquête concerne PwC. Il est reproché au cabinet d'avoir concouru à l'optimisation et à l'évasion fiscales d'une vingtaine de sociétés détenues par Isabel dos Santos et que ces missions lui ont été payées, là encore, par Wise Intelligence Solutions. Toujours concernant PwC, les documents consultés par le consortium de journalistes montrent que le cabinet a accepté de taire, dans au moins un rapport annuel de l'une de ces sociétés, le lien entre cette société, Grisogono et Sindika Dokolo. Autre critique adressé à l'auditeur : plusieurs mouvements comptables significatifs non documentés auraient dû l'amener à opérer des signalements auprès d'autorités de régulation. Ce qu'il n'a pas fait. 

Sindika Dokolo et Isabel dos Santos ont vivement critiqué ces publications, dénonçant un règlement de compte politique du nouveau pouvoir en place. João Lourenço a succédé en septembre 2017 à Jose Eduardo dos Santos à la présidence de la République d'Angola.

PwC a fait savoir qu'il enquêtait sur les missions conduites par le cabinet auprès d'Isabel dos Santos et qu'il cesserait ces missions à l'avenir.

Le BCG a indiqué avoir pris toutes les mesures nécessaires au moment de la conduite de missions en Angola auprès d'Isabel dos Santos pour veiller à respecter ses règles de conformité internes et éviter tout risque de corruption.

McKinsey estime ces accusations préoccupantes et indique n'avoir aucune mission en cours avec Isabel dos Santos ou des entreprises lui appartenant.

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Crédit photo : vue de Luanda, Maximo Adobe Stock licence standard.

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