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Bain n'aura pas tardé à agir quelques semaines après que ses services rendus en 2015 à l’agence sud-africaine de perception des revenus de l’État ont été mis publiquement en cause. Lundi, le cabinet américain a fait savoir que les honoraires de 164 millions de rands (9,2 millions d'euros) perçus lors de cette mission conduite ne 2015 seraient intégralement remboursés à l'Afrique du Sud. Par ailleurs, Vittorio Massone, le managing partner de Bain en Afrique du Sud, a été relevé de la gestion quotidienne des opérations quotidiennes du bureau de Johannesbourg, tout en demeurant un partner du cabinet, a fait savoir le cabinet. Il y est remplacé par Tiaan Moolman, un autre associé du cabinet en Afrique du Sud. Enfin, Bain a mandaté Baker McKenzie pour conduire une investigation externe et a constitué un comité interne, censé lui aussi passer en revue de manière indépendante le fil des événements.

Les mésaventures de Bain en Afrique du Sud sont très comparables aux accusations portées contre McKinsey. Le cabinet est lui aussi voué aux gémonies pour avoir assuré une prestation pour le compte du groupe électrique national Eskom, en partenariat avec un prestataire local accusé de corruption sous l’ancien président sud-africain Jacob Zuma. Car Bain admet désormais à demi-mot dans les colonnes du New York Times qu'il aurait pu servir de pion pour couvrir les pratiques fiscales litigieuses de l'ancien président et que l'ensemble de sa prestation au sein de l'agence a été défectueuse.

Tom Moyane, le directeur de l’agence de perception des revenus de l’État, South African Revenue Service (SARS), avait été remercié par le nouveau président sud-africain Cyril Ramaphosa en mars 2018, à l’aune d’écarts très importants entre les prévisions de l’agence et ses recettes effectives. Une enquête avait été ouverte en mai 2018 pour déterminer les raisons de ces écarts. C’est au cours de cette enquête que le rôle de Bain dans la réforme de SARS a été remis en cause par plusieurs des cadres de l’agence. Ils jugent qu’à l’occasion d’une mission conduite par la société de conseil américaine au sein de SARS, ses conclusions étaient inexactes et ses recommandations finalement inappliquées. C'est devant cette commission que Vittorio Massone a témoigné la semaine dernière et avec laquelle il devra continuer à collaborer.

Pretoria

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