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portrait-philippe-curt-consultant-pmp Le CV de Philippe Curt a de quoi étonner. Avant de travailler dans le conseil, cet associé fondateur du cabinet Performance Manager Partner (PMP) était pianiste.

De cet ancien métier, il a gardé le goût de la passion.

Chemise bleue assortie à ses yeux, boucles gominées, mocassins discrets en cuir marron et sourire vissé aux lèvres, Philippe Curt, 43 ans, a donné rendez-vous dans un café parisien de la place du Châtelet. « Ce n’est pas un hasard : avec ses deux théâtres, c’est un haut lieu de la culture », fait-il remarquer. S’il n’a plus de piano chez lui depuis une quinzaine d’années, ce Parisien d’origine est toujours passionné « de musique classique, mais aussi de soul et de rap français et new-yorkais ». Et lorsqu’on lui parle de son ancienne vie de musicien, il est très bavard.

Car à 25 ans, son rêve était de devenir pianiste-concertiste international. Au début pourtant, son parcours est plutôt traditionnel : un bac scientifique en poche, il intègre l’École nationale supérieure des arts et métiers (ENSAM). « Mais la dernière année, j’ai obtenu mon diplôme de justesse parce que je ne fichais plus rien, je n’allais plus en cours », se souvient-il en souriant. Et pour cause : pratiquant le piano depuis ses 6 ans, le jeune homme ressent un nouvel engouement pour cet instrument et passe ses journées à jouer.

« J’avais besoin de sortir de ce moule rigide, stéréotypé et écrit à l’avance de la grande école, du premier emploi dans de grandes boîtes, etc. J’ai voulu me réaliser dans ce domaine et m’identifier au personnage du pianiste », explique-t-il. Au grand dam de son père, il opère un virage à 180 degrés : pendant que ses copains de promotion intègrent Renault ou L’Oréal, Philippe Curt décide de faire du piano son métier. Entre les concerts qu’il donne, les concours qu’il passe, et les cours qu’il dispense, l’aventure durera cinq ans.

Mais à 27 ans, il prend un second tournant radical et arrête la musique du jour au lendemain. Instable, le garçon ? « Complètement. Mais que voulez-vous, je n’avais plus envie », assène-t-il, tout en expliquant « pratiquer le marathon pour travailler son endurance ». Un ami manager qui travaille chez KPMG lui donne un coup de pouce. Il intègre le cabinet. « Du jour au lendemain, dans ma tour de La Défense, avec mes assistantes, mon ordinateur et mon salaire, je me suis senti comme un nabab », avoue-t-il en souriant. En 2003, avec Gilles Martin (président de PMP) et quatre autres consultants, il quitte le navire pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale : ils fondent le cabinet PMP, qui compte actuellement une cinquantaine de consultants.

Aujourd’hui, il considère son arrêt de la musique comme « un renoncement ». « Je n’ai pas assumé l’idée d’être marginalisé et je suis retourné au parcours traditionnel », confie-t-il. Et ne voit aucun lien évident entre ses deux vies professionnelles : « Le conseil est un métier de devoir, où l’on parle d’innovation, mais dans lequel nous sommes les moins bien armés pour créer. Car nous sommes formatés dans une tâche très analytique, alors que la musique est profondément créative », explique-t-il, tout en soulignant qu’il « adore son métier et la particularité de PMP, de sortir du cadre ».

De ses années musicales, Philippe Curt a gardé un goût certain pour le domaine artistique. Il s’est spécialisé dans les industries culturelles et a notamment travaillé pour de grands éditeurs. Il ne met pas cette « autre vie » en avant auprès de ses clients ou de ses équipes, mais souligne qu’il en retire une compétence précieuse : « Dans le conseil, ce n’est pas la technique qui fait la différence, mais la capacité à faire vibrer le client qu’on démarche, à le faire rêver, à lui raconter une histoire. Pour cela, il faut savoir livrer ses émotions, comme dans la musique », souligne-t-il.

Garder son âme d’artiste a aussi des revers. Chez Philippe Curt, c’est une vraie dépendance à la passion : « Je ne peux être bon dans mon métier que si ce que je fais me stimule et m’amuse, que si j’aime les gens avec qui je suis amené à travailler. Dans le cas contraire, je suis très mauvais », explique cet adepte du « good feeling ». Dans sa vie de consultant, il assure d’ailleurs pousser les jeunes collaborateurs lassés par le conseil à se réorienter.

Par Léonor Marsaudon pour Consultor.fr, portail du conseil en stratégie - 08/06/2013

Commentaires   

-2 #1 Pilou 07-07-2014 10:32
Vu le nombre de bobo qu'il y a dans ses boites, etre pianiste n'a rien d’exceptionnel. D'ailleurs J. Attali est aussi chef d'orchestre "what else?"
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