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callbellTémoignage sur le déroulement de trois tours d'entretiens dans une boutique de conseil en stratégie

"Le Candidat" vous raconte, comme si vous y étiez, son processus de recrutement dans un cabinet : sa candidature, la nature des entretiens, les thèmes abordés avec les consultants, ses réponses, ses impressions sur le déroulé des entretiens...

 

Ma candidature dans la boutique a suivi un parcours assez classique. Je commence par faire ma due-dill sur le cabinet : site Internet, je lis le Vault, j'appelle quelques copains. Super, ça recrute un peu en ce moment, lançons-nous !  A partir de là je prépare mon discours, ma présentation, j'identifie les points forts/faibles de la boutique, son positionnement, et j'essaye de m'en faire une image cohérente. J'adapte ensuite mon CV + LM et j'envoie le tout. Durée de cette phase : 3-4 jours, en faisant autre chose à coté.

Invitation en entretien ! Chouette, le CV est passé! Maintenant le plus dur arrive.

1er round : bonjour, blabla, parlez-moi de vous, le conseil c'est quoi ? Pourquoi vous, pourquoi nous ? Classique, être clair et cohérent dans son discours et sa démarche professionnelle. Le candidat qui présente bien saura bien représenter devant le client. Dans mon cas précis on a pris environ 20min. Mais, j'ai peut-être un parcours un peu singulier.

Ok, a priori je ne fais pas hurler mon interlocuteur : on passe aux cas ! Il m'en a filé deux, le premier était court sous la forme d'une question ouverte avec réponses "in petto", le second était plus documenté avec un temps de réflexion. Ça c'est bien passé, surtout grâce à mon entrainement intensif auparavant ! La lecture d'un certain forum d'entraide aura été sacrément utile (NDLR: Vous pouvez également consulter l'article : Préparer et Réussir votre entretien de recrutement dans le consulting) et je recommande aussi tout particulièrement le "Ace the case" et les exercices onlines.

Le point important ? Structure, structure, logique, pertinence des questions. Il est impératif de "cibler" son sujet très vite et d'en déterminer une direction qui supportera tout le raisonnement. Le danger est de s'enfermer dans une voie erronée, mais les questions à l'interlocuteur sont là pour nous guider. Attention à ne pas non plus poser trop de questions, cela peut donner l'impression de "s'égarer/s'éparpiller", mais ne pas non plus être sourd aux suggestions de l'interlocuteur : il faut garder un esprit ouvert. L'équilibre vient avec la pratique.

2ème round : Attention les choses sérieuses commencent maintenant. A priori, si je suis là c'est que je n'ai pas été identifié comme le tocard de service (hourra !). Plus sérieusement c'est un round important car c'est maintenant que l'entretien va s'axer sur mon "projet" et ma volonté professionnelle en tant que candidat. J'ai su dire rapidement pourquoi je voulais rejoindre le conseil ? Ok, maintenant on va creuser la question et chercher la petite bête.

Ce round-là m'a donné des sueurs : si j'ai confiance en la pertinence de mon parcours et la cohérence de mes choix, il va de fait que malgré tout il faut arriver à expliquer un cheminement un peu particulier. La question qui tue, dans mon cas précis, c'est "pourquoi avez-vous quitté une belle position de début de carrière pour maintenant commencer en bas de l'échelle dans le conseil ?". Je suppose que chaque candidat doit avoir une "question de pertinence" sur tel ou tel choix dans son parcours, là je n'ai pas de recette miracle mais je dirai simplement que l'essentiel est d'être parfaitement au clair et de le faire comprendre au recruteur. Cela n'a rien d'aisé mais il est évident que si vous-même vous n'assumez pas certains choix, même contestables, il sera épouvantablement difficile à votre interlocuteur de vous prendre au sérieux.

Après cela on est passé à des questions concernant bien plus le "conseil" en général, le positionnement du cabinet, ma propre vision du métier, mon plan de carrière à moyen et long terme, et cetera. Le but de cette partie, à mon sens, était de vérifier la cohésion de mon discours et de sentir si ma démarche était pertinente et s'accorder à la logique de la boutique. Cela se déroule bien, notamment du fait qu'il s'agit d'une réflexion que j'ai mené pour mon propre compte bien en amont. J'insiste particulièrement sur l'importance d'être au clair avec soi-même, ses envies, et d'avoir en premier établi si ça pouvait fonctionner ou pas.

Et enfin, voici venu l'heure du cas ! Pour celui-ci on m'a mis la pression en me sortant une mise en situation sacrément insolite avec un interlocuteur fuyant à souhait. Inutile de paniquer, le tout est de prendre l'exercice en situation professionnelle ; c'était l'occasion de montrer comment réagir face à un problème "délicat", et d'être ferme sans être fermé. Passé les premières minutes où l'on cherche un peu son attitude le reste se déroule sans soucis.

3ème round : ça y est, le Saint-Graal à porté de mains ! Concentration, concentration, on y va avec la motivation et surtout pas de gaffe. C'était le dernier entretien, supposé venir parachever le parcours. Mon interlocuteur est plutôt bien placé dans les grades du cabinet, on discute, on discute on discute : ça tourne sur les développements de la boutique, le type de business piquant l'intérêt, on repasse une couche sur mon parcours et pourquoi on devrait me recruter, et cetera. Tout reste classique et ça se passe correctement pourtant je sens petit à petit que quelque chose ne va pas. Mon interlocuteur n'a pas l'air de vraiment écouter mes réponses, il enchaine les questions mais je ne distingue pas la lueur d'intérêt dans son regard (plus précisément il évite souvent le mien quand je lui réponds). Je ne me sens pas forcément déstabilisé mais le courant ne passe pas trop et j'ai l'impression d'imposer une corvée à quelqu'un. Les questions deviennent bizarres, plus personnelles et certaines remarques m'interpellent (j'ai notamment droit à un superbe commentaire sur ma ville natale dont mon interlocuteur m'annonce avec un grand sérieux qu'il n'a pas la fichue idée de la localisation du bled en question).

On fait un dernier petit cas, extrêmement rapide, et on se quitte sans guère de chaleur. Je ne l'ai ni senti hostile ni clairement emballé, sa neutralité m'a cependant semblé fort froide et j'ai l'impression que je ne vais pas aller plus loin avec eux. Je suis tout de même sacrément surpris du tour de l'entretien.

...

Un peu plus tard je découvrirai le fameux "ding". Dommage, cette boutique me plaisait bien.

 

Le Candidat, publié sur Consultor, le portail du conseil en stratégie- 05/10/2011

NDLR : Merci beaucoup Le Candidat d'avoir partagé ton expérience avec nous, et bon vent pour tes prochains entretiens.
N'hésitez pas, vous-aussi, à partager vos sujets de cas ou vos expériences d'entretiens de recrutement : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

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