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interview gabriel de mortemartDu conseil en management à Détective Magazine

A défaut d’expérience, Gabriel de Mortemart (37 ans), tout jeune consultant, a préféré embrasser une carrière de PDG et éditeur de presse, notamment à la tête du Nouveau Détective, un hebdomadaire de faits divers, à la réussite incontestée.

Gabriel de Mortemart parle sans détour de son expérience de consultant pour le groupe de conseil européen Eurogroup Consulting, il y a une dizaine d’années. « Je ne pense pas avoir donné le moindre conseil valable en trois ans de conseil, assure-t-il, le sourire aux lèvres. Sur le moment, je n’ai pas aimé, j’ai détesté même être dans une masse globale, presqu’inexistant ».

Cette expérience au sein du secteur bancaire, cet univers l’obligeant à réaliser des Powerpoint et des dossiers de présentation, sans même savoir dans quel but, ne l’a clairement pas satisfait. « A l’époque, sans prétention aucune, j’avais des difficultés à n’être qu’un intervenant de plus au milieu d’un projet dans lequel je ne savais même pas à quoi j’avais réellement contribué », explique l’ancien étudiant de Science Po, aussi titulaire d’un master en marketing.

Avec le recul, Gabriel de Mortemart reconnaît avoir choisi la voie du consulting sans réelle ambition d’y faire carrière, plutôt « comme un tremplin, comme une expérience en entreprise ». A l’époque, alors attaché de direction au service communication de Saint Gobain aux Etats-Unis, il suit la tendance du marché. « Être consultant était à la mode, c’était valorisant sur un CV et le fait d’avoir travaillé en entreprise était un réel atout. Pour autant, je ne savais pas réellement ce que consultant signifiait ».

Jouer la petite main pour le compte d’entreprises comme le Crédit agricole par exemple, « est assez ingrat, sans compter qu’il est difficile de se faire une place chez le client, assure-t-il. Tous les jeunes diplômés sans valeur ajoutée se trouvent noyés dans ce système, avec des tâches identiques, au service de consultants qui ont, eux, de l’expérience ».

L’expérience comme atout majeur

Selon lui, la clé du succès de ce métier se trouve en effet dans le vécu, dans les années de pratique. « Avec le recul j’ai compris pourquoi on ne me demandait pas davantage sur le plan du conseil, puisque j’étais jeune, sans expérience, sans valeur ajoutée, juste un maillon de la chaîne ». Cette chaîne, il choisit de la quitter, en si dirigeant dans le monde de la presse secteur qu’il a toujours voulu côtoyer.

Du conseil, il conserve alors une part de l’organisation imposée par le métier. Un atout dans les médias, domaine si déstructuré. Tout comme lui. « Pour avancer, il faut aussi accepter des choses qui ne nous sont pas naturelles, souligne-t-il. Mais globalement, le conseil m’a appris ce que je ne voulais pas faire : n’être qu’un pion au milieu d’un tout ».

Le jeune homme alors cherche son indépendance, à sortir du collectif pour faire ses preuves lui même, en se faisant remarquer, d’abord comme rewriteur au sein de l’éditeur de presse Nuit & Jour, aujourd’hui propriété du groupe allemand Hubert Burda Media.

« Les médias m’intéressaient, mais je ne voulais pas être journaliste. J’ai pensé qu’être consultant pourrait être une passerelle pour entrer par exemple chez un client comme Hachette ou Filipacchi », précise l’ancien consultant.

L’esprit entrepreneurial

Devenu l’actuel PDG de la filiale française, et directeur de la rédaction du célèbre magazine Nouveau Détective, il se reconnaît davantage dans cette mission d’entrepreneur. « Dans ce groupe, je suis à la tête d’une PME, dans la presse, un secteur en crise, explique-t-il. Il faut se débrouiller, faire bouger les lignes, être réactif pour voir naitre concrètement chaque semaine un magazine ». Cette expérience–ci lui semble plus conforme aux réalités de la vie que le métier de consultant.

Des réalités pourtant parfois difficiles à surmonter. Au cœur de la crise structurelle de la presse, l’hebdomadaire Nouveau Détective se trouve depuis un an et demi en concurrence frontale avec une quarantaine de nouveaux titres, tous attirés par ce segment sur lequel il était jusque là seul. Mais face à la crise, il ne renonce pas. « Je ne sais faire que des journaux. Et cela me plait, contrairement au consulting. De toute manière, les métiers, c’est ce que vous en faites qui les rendent enrichissants ».

Auréolé d’une véritable expérience de la presse désormais, il ne ferme pourtant pas totalement la porte à un retour au consulting. Mais « tout dépend dans quelles conditions ».

Par Barbara Leblanc pour Consultor.fr, portail du conseil en stratégie - 06/09/2013