Consultor le portail de référence du conseil en stratégie

News, décryptages et perspectives
du conseil en stratégie

Vote utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

cache 2440497036okAvec seulement, selon l’enquête de Consultor réalisée en septembre, 11,5 % de femmes partners au sein des huit bureaux parisiens dirigés par dix associés au moins, les cabinets de conseil en stratégie sont à des années-lumière de la parité.

Le métier n’est certes pas renommé pour sa féminisation. Mais la proportion de femmes partners sur la place parisienne a quand même de quoi laisser pantois.

Dans les cabinets de plus de dix associés, elles ne représentent que 11,5 %. Soit 27 femmes sur un total de 233 partners. Un chiffre peu glorieux, à l’image du monde économique : selon une étude du cabinet Russell Reynolds, les comités exécutifs du CAC 40 comptaient fin 2014 10,6 % de femmes.

 

Part des femmes dans les Partner-groups parisiens - Etude 2015

classement femmes partners 2015

 

De surcroît, ce score est en baisse par rapport à la précédente enquête de Consultor publiée en juillet 2014. On dénombrait alors 12,7 % de femmes partners. Bons derniers, A.T. Kearney – qui n’a pas décollé depuis le dernier classement – et AlixPartners – qui fait son entrée – méritent un zéro pointé, ne comptant pas une seule femme partner. Quant à Oliver Wyman, malgré une politique affichée de mentorat et de formation au leadership pour les femmes destinées à devenir associées, il n’affiche plus qu’une seule partner basée à Paris.

Avec 24 % d’associés femmes, le premier cabinet du classement n’atteint même pas les résultats (26 %) du lauréat de 2014. Plutôt bon élève en la matière avec 23 % de femmes partners, McKinsey est par exemple en légère régression par rapport à 2014 (24 %), perdant sa première place, tout comme Bain qui n’atteint plus que 16% cette année contrairement à 2014 (20%).

En cause, le fameux plafond de verre, qu’il soit réel ou tellement intégré par les femmes que celles-ci préfèrent poursuivre leur carrière dans d’autres entreprises ou secteurs d’activité.

Des politiques volontaristes... ou pas

Dans ce tableau général assez morose, quelques progressions notables sont à souligner. Kea & Partners, par exemple, continue d’améliorer son score : de 19 % de femmes partners il y a près de quatre ans, le cabinet a atteint cette année 24 %, prenant la première place du classement. Pourtant, Kea se défend de toute action ciblée sur les femmes. « Nous prônons plutôt une attention à l’individu, quels que soient son âge, son sexe ou ses problématiques. Par exemple, la question de la parentalité est intégrée – nous disposons d’une crèche d’entreprise – pour les hommes comme pour les femmes. En revanche, un facteur de succès clé pour les femmes qui ont des enfants, c’est d’avoir une organisation au top », estime Céline Choain, mère de trois enfants, nommée senior partner en janvier 2014.

Pour booster leur nombre de femmes partners, certains cabinets ont choisi de s’en donner les moyens. Le BCG a par exemple lancé il y a une dizaine d’années un plan d’action spécifique. Des événements « Recrutement » leur sont par exemple spécialement dédiés pour les inciter à postuler à un métier et auprès d’un cabinet qui peut encore les faire hésiter. Le BCG comptait 10 % de femmes en 2004, il atteint désormais la proportion de 35 % sur son effectif global, dont 40 % de juniors, 30 % au niveau chef de projet et 10 % au niveau des partners. « Nous avons expérimenté l’année dernière un programme pour les femmes susceptibles de devenir associées. Pendant un an, elles bénéficient d’un coaching individuel et de groupe pour se projeter dans leur carrière ainsi que d’un accompagnement par un partner senior et d’activités de cohésion de groupe », indique Vanessa Lyon, directrice associée au bureau de Paris du BCG. Porté par le bureau de Paris pour les bureaux de Paris, Londres et Madrid, ce programme a désormais vocation à être déployé plus largement. « Nous avons eu un excellent retour des participantes, qui au départ ne voyaient pas forcément l’intérêt de cet accompagnement, mais pour qui ce programme a été l’occasion de réfléchir vraiment à leur choix de carrière », note Vanessa Lyon.

Espérons que Consultor puisse mesurer les résultats de cette action dans son prochain classement !

 

Gaëlle Ginibrière pour Consultor.fr

Ajouter un Commentaire

Consultor utilise des cookies pour vous offrir le meilleur service possible. En continuant votre navigation, vous acceptez notre utilisation des cookies.