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universum classement 2015Universum, société spécialisée dans les problématiques de marque employeur, a dévoilé mardi 31 mars son classement annuel des entreprises les plus attractives en France. Pour la première fois, le rapport ne s’intéresse pas uniquement aux étudiants des grandes écoles. Les enquêteurs ont également interrogé les travailleurs plus expérimentés issus des mêmes formations. En tout, ce sont plus de 8 400 anciens de grandes écoles, âgés en moyenne de 32 ans, qui ont dû choisir l’employeur de leurs rêves. L’occasion de constater des différences de taille entre interviewés selon qu’ils aient, ou non, goûté au monde de l’entreprise.

(N.B. cinq cabinets de conseil en stratégie apparaissent dans le classement : BCG, McKinsey, Bain, Roland Berger et Oliver Wyman.)

Le conseil attire toujours autant les étudiants

Certaines lignes sur un CV font office de sésame. Les étudiants des grandes écoles de commerce l’ont bien compris, et plébiscitent le conseil et l’audit. EY tient depuis de nombreuses années la 10e place du classement des 130 entreprises où il est bien vu de commencer sa carrière. Derrière, le BCG et McKinsey sont respectivement 12e et 13e. « Les étudiants y voient un tremplin et une poursuite de leurs études, explique Aurélie Robertet, directrice d’Universum pour la France et le Benelux. Mais peu y entrevoient une carrière, surtout dans l’audit ». Le conseil fait office de troisième cycle. Après quelques années d’expérience, la plupart fuient le secteur. À l’image du champion, EY, qui prend un revers et perd 66 places dans le classement des expérimentés par rapport à celui des étudiants. PwC passe quant à lui de la 27e position chez les plus jeunes à la 69e chez leurs aînés. Et le refrain est le même pour tous leurs concurrents. Aux yeux d’Aurélie Robertet, le phénomène s’explique par la politique RH des cabinets d’audit : « Ces entreprises recrutent à près de 80 % de jeunes diplômés. Elles vont chercher directement à la source et leur turn-over est très important ».

Le conseil en stratégie limite la casse

Le conseil en stratégie connaît pareil mouvement. Certains limitent pourtant la casse. Le BCG ne perd que quatre places. McKinsey garde une honorable 22e position aux yeux des actifs. Pour Aurélie Robertet, cela s’explique par « une stratégie plus équilibrée. Le recrutement est mieux balancé entre jeunes diplômés et expérimentés ». En 2010, le BCG annonçait à La Jaune et La Rouge, la revue des anciens élèves de Polytechnique, recruter la moitié de ses X à la sortie de l’école, l’autre moitié après trois à huit ans d’expérience. En revanche, les autres cabinets peinent à attirer les plus expérimentés. Entre le classement des étudiants et celui de leurs aînés, Bain perd 17 places. Le cabinet pointe au 63e rang des entreprises où les actifs souhaitent s’engager. Pas mieux pour Roland Berger ou Oliver Wyman qui chutent de 25 et 21 places. Pour la directrice d’Universum, « c’est une question de taux de notoriété. McKinsey et BCG ont des marques fortes qui font effet de levier et tirent leur image employeur ».

Une tendance inversée chez les ingénieurs

Cette notoriété fait parfois défaut chez les élèves ingénieurs. Les cabinets de conseils font pâle figure à leurs yeux face aux Airbus, Google et autres Thalès, les trois premiers du classement. Mais l’écart tend à se réduire. McKinsey ouvre la voie et arrive 39e, avec une progression de sept places par rapport à 2014. Pour Aurélie Robertet, il y a une prise de conscience des ingénieurs, qui découvrent de nouvelles perspectives. « Auparavant, il y avait un manque d’information. Désormais, les étudiants prennent conscience que des carrières sont possibles dans le conseil en stratégie ». Plus étonnant, les scientifiques déjà engagés dans la vie active ne connaissent pas le désamour de leurs collègues commerciaux. Bien au contraire. Le BCG est même plus attirant pour ceux qui jouissent d’une expérience. La firme américaine est 36e chez les diplômés de la filière scientifique alors qu’elle n’est que 44e chez les aspirants ingénieurs.

La présence continue sur les campus, clé de l’attractivité

La différence d’un cabinet à l’autre tient en grande partie à la notoriété. Bain, moins connu, pointe en 46e position dans le classement des écoles de commerce. Roland Berger est 57e, Oliver Wyman 92e. La société new-yorkaise fait son apparition cette année dans le classement, à force d’être citée dans la case « autre » lors des éditions précédentes. Elle le doit à son investissement ces dernières années dans les relations avec les écoles et leurs étudiants. À l’inverse, Roland Berger s’effondre chez les futurs ingénieurs. Le secteur progresse dans les formations scientifiques, tandis que la société allemande perd dix points en une seule année. « Ils ne dégringolent pas pour rien », estime Aurélie Robertet. La patronne d’Universum explique le phénomène par la stratégie de stop and go auprès des écoles, au gré des besoins en recrutement. « Une entreprise présente sur les campus aura des retombées très vite. Mais l’inverse est vrai aussi. On est oublié plus rapidement encore lorsque l’on amoindrit sa visibilité ». C’est sans doute cette absence des campus qui peut expliquer que des Strategy&, Arthur D Little ou A.T. Kearney ne figurent même pas dans le classement. McKinsey sait que la mémoire des étudiants est courte et ne relâche pas son effort. Le cabinet recrute moins qu’avant et ne le cache pas aux étudiants. Pourtant, il continue de progresser dans le cœur des futurs diplômés. « Cet investissement constant évite tout impact négatif, d’après Aurélie Robertet. Le jour où ils vont rouvrir les vannes, ils n’auront aucun problème à attirer l’élite. »

 

En savoir plus

Pour attirer les meilleurs étudiants, il faut être présent sur les campus. Ceci peut coûter cher. Pourtant, pour Aurélie Robertet, nul besoin de sortir le chéquier : « Le secret, c’est l’humain. Il faut créer des situations qui favorisent les rencontres ». La directrice d’Universum préconise la présence de jeunes consultants. « Les étudiants ont une approche à court terme. Comme ils n’envisagent plus leur carrière dans une seule entreprise, ils veulent savoir où ils seront dans deux ou trois ans ». Pour elle, le secret, c’est « un discours vrai avec des gens qui leur ressemblent ». Fini les DRH ou le discours corporate. L’autre solution, plus coûteuse, mais extrêmement efficace, c’est de participer au programme pédagogique. L’exemple vient d’un tout autre secteur. Parrot n’a pas la force de frappe de ses gros concurrents. L’entreprise a pourtant fait un bond spectaculaire dans le classement ingénieur. Elle a lancé en 2013 un concours inter-école, les « Parrot Awards », qui récompense le programme pédagogique le plus innovant. Les résultats ont été immédiats. L’entreprise a gagné 31 places en une année seulement. Sinon, il vous reste une troisième possibilité, notre préférée : communiquer sur consultor.fr !

Gillian Gobé pour consultor

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