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competitivite consultin franceDans # Accélérer ! La compétitivité, moteur de la prospérité, 860 chefs d’entreprise, étudiants et associés de cabinets de conseil recensent les principales entraves qui pénalisent l’activité économique, sous la houlette de Consult’in France.

Si le constat est sévère, il existe des leviers et une méthodologie pour relever le défi de la transformation « en milieu hostile ».

2 – Redonner du souffle aux entreprises en s’appuyant sur l’expérience des acteurs du conseil

Pour plus des 2/3 des acteurs de la vie économique interrogés par Consult’in France (1), la compétitivité s’est maintenue, voire détériorée, depuis cinq ans.

Pourtant, en France, certains indicateurs sont favorables, traduisant une dichotomie entre la tonicité des sociétés et la rigidité du cadre dans lequel elles évoluent.

Alors que l’élection présidentielle se profile – dans un contexte empreint de confusion, de divisions et de rupture de confiance accrue entre la classe politique et les citoyens –, l’association professionnelle des métiers du conseil en stratégie & management souhaite apporter une contribution décisive à l’avenir du pays.

~ Pour mettre un terme aux dysfonctionnements du marché du travail, Consult’in France a ainsi identifié trois axes : améliorer l’employabilité, fluidifier le marché de l’emploi et recréer un climat de confiance.

Le curseur porte autant sur le salarié dont le parcours doit être sécurisé que sur l’entreprise qui doit pouvoir… entreprendre.

Établir un nouveau « contrat social » entre les salariés et leur entreprise

Une première série de réformes structurelles s’applique – entre autres – à la rénovation du système de formation et d’apprentissage ; une seconde vise à libérer la création d’emplois en réduisant le coût du travail (extension du CICE à 3,5 fois le SMIC).

« Les politiques doivent comprendre que le coût du travail hyper qualifié doit également être traité, sous peine de perdre des centres de décisions, de recherche et d’expertise en France », insiste Olivier Marchal.

Simplification du cadre réglementaire (au regard notamment du nombre d’instances de représentation), flexibilité du travail – en déplaçant le centre de gravité du dialogue social du niveau national aux branches voire aux entreprises ou en assouplissant les règles encadrant le CDI –, vivification de l’engagement des salariés dans leur entreprise sont d’autres « pistes » proposées.

Plus étonnant, a priori, les acteurs du conseil prônent un encouragement à l’adhésion syndicale, via des services associés ; Olivier Marchal considère même que « les syndicats doivent avoir davantage de pouvoirs au sein des entreprises ».

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« Solution » n° 2 : réorienter la fiscalité vers la croissance

« Selon ce qu’on intègre dans la notion de fiscalité, les entreprises françaises sont soumises de 150 à 200 Md€ d’imposition supplémentaire par rapport à leurs concurrentes allemandes, néerlandaises ou britanniques. »

Consult’in France préconise donc d’alléger l’impôt (2) – réduction du taux facial de l’IS, baisse des cotisations sociales patronales financée en partie par « l’instauration d’une TVA compétitivité » – et de le rendre « plus lisible, moins complexe et plus stable : si l’on sait où l’on va, on ose investir. Or il existe 178 taxes à faible rendement sur les entreprises et les ménages ! ».

La France a créé quarante-quatre nouvelles taxes entre 2010 et 2014

Autres leviers d’action, la fiscalité liée à la technologie, à l’investissement, à l’innovation et à la recherche, via le crédit d’impôt recherche « qui fonctionne extrêmement bien et a été copié par d’autres pays » – à sanctuariser, élargir et sécuriser fiscalement – ou le crédit d’impôt innovation, à étendre à l’innovation sociale et managériale et dont le plafond serait rehaussé.

« Flécher » l’impôt des particuliers vers ce qui est productif, « que ce soit la création d’entreprise ou l’entreprise installée qui a besoin de financements », est également conseillé.

De tels allègements supposent que la France réduise son niveau de dépense publique – revenant à 50 % du PIB sur une période de cinq ans, contre 57 % actuellement –, les 150 Md€ d’économie à générer se répartissant entre les réductions de dépenses et les gains de la croissance.

Gérer le changement de l’État au sens large

Malgré l’attachement très fort des Français aux volets maladie et vieillesse (3) qui s’atténue en 2016 sur les aides sociales et le chômage, le soutien au SMIC dépassant lui les 80 %), va-t-on assister au chant du cygne d’un modèle social né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (4) ?

Olivier Marchal est catégorique : « L’enjeu, c’est la survie d’un modèle qui repose sur des équilibres entre la prospérité économique et la justice sociale. Or actuellement, les deux sont menacées ».

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Sans assimiler l’État à des entreprises, fait remarquer Rémi Legrand, « ces dernières bénéficient aujourd’hui de multiples outils leur permettant d’être plus proches de leurs clients ». L’État et les administrations – qui ont déjà réalisé des progrès conséquents – doivent intégrer une boucle positive : « Un État plus efficace coûte moins cher et les besoins de prélèvements diminuent ».

Mais, de manière générale, « pour vouloir changer, il faut être “embarqué” », indique Olivier Marchal.

Ainsi, les consultants doivent faire preuve de « beaucoup d’énergie et ne pas hésiter à inciter le chef d’entreprise à se répéter 200 fois dans l’année pour parvenir à mobiliser ses troupes afin de réaliser une vraie transformation ».

De fait, un certain nombre de principes sont applicables aux multinationales comme à la fonction publique.

Issue de la boîte à outils du consultant, la méthodologie suivante s’adresse au futur Président, qui devra d’emblée exprimer une vision claire de son projet et s’entourer d’une équipe exécutive resserrée.

Autres éléments décisifs : le séquencement des activités (pour visualiser des résultats), le benchmarking, l’expérimentation (test and learn) et la délégation, car il faut « faire confiance pour réduire la défiance ».

Accorder davantage de pouvoirs aux régions et aux collectivités territoriales, favoriser les partenariats entre le public et le privé, appuyer les initiatives de la société civile… autant de tendances déjà initiées, à renforcer « puissamment ». L’heure est à l’audace !

La métamorphose de l’entreprise de demain

Car les entreprises, et au-delà la société tout entière, ont besoin de leurs forces vives pour se réinventer, dans un contexte « d’accélération du changement liée à la digitalisation et aux nouvelles technologies (5) – big data/smart data, objets connectés, imprimante 3D, robotisation/cobotisation, intelligence artificielle… » qui s’applique à toutes les fonctions de l’entreprise et à son écosystème, induisant notamment « de nouveaux systèmes de supply chain » (au sens large), souligne Olivier Marchal.

Un exemple d’effet parmi d’autres : l’économie des plateformes devrait connaître une croissance moyenne annuelle de 65 % sur dix ans (source : PwC Megatrend collisions : Introducing the sharing economy, 2015).

Rémi Legrand fait observer que ces défis mêlent « technologie, management et prise en compte de l’environnement, ce qui est complexe à conjuguer » : les entreprises vont avoir besoin des ressources des acteurs de conseil pour les orienter et les accompagner.

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Mais les cabinets eux-mêmes doivent se réinventer.

Or reconnaît Rémi Legrand, ils « n’ont pas encore identifié tout ce que va engendrer le digital – le type de conseils exacts dont auront besoin les entreprises purement digitales, quelles seront les formes économiques les plus performantes dans ce “nouveau monde”, en termes de taille notamment ».

Autre dimension, relative aux aspirations – sensiblement différentes – des nouvelles générations : « Dans quel type de conseil se sentent-elles à l’aise, avec quel contrat social et avec quels objectifs pour les missions ou pour elles-mêmes ? », questionne Rémi Legrand.

Chaque cabinet sera donc conduit à « se positionner et à définir sa stratégie, tout en contribuant à une réflexion collective sur ces enjeux ».

~ En dépit d’un état des lieux peu réjouissant, les consultants français croient en l’avenir : les atouts des entreprises sont nombreux, à commencer par l’esprit d’innovation, le savoir-faire managérial et l’ingéniosité de leurs acteurs.

Mais il y a urgence à « réinventer la France » !

Pour entraîner les Français dans leur prochaine grande aventure collective, le futur Président et son gouvernement devront donc faire preuve d’audace, de détermination, de courage politique, tout en disposant d’un sens de la pédagogie et d’une force de conviction XXL.

# À suivre…

# Accélérer ! La compétitivité, moteur de la prospérité. Par Consult’in France (auteurs : Olivier Marchal – Bain & Company ; Daniel Baroin – Carewan ; Romain Baumont – Ayming). Préface de François Lenglet.

Éditions Eyrolles. 224 pages, 16 €. Parution : 3 janvier 2017.

1 – Sondages Consult’in France – Ifop.

2 – Entre 2011 et 2015, la charge fiscale a été réorientée vers les ménages, le produit net de l’IRPP ayant augmenté de 50 % tandis que celui de l’IS diminuait de 25 %, sous l’effet principalement du CICE.

3 – L’étude du chercheur au Cevipof-Liepp Sylvain Brouard est basée sur un baromètre des priorités politiques et des dynamiques électorales établi avec TNS Sofres : elle fait partie d’une note de la Fondation Jean-Jaurès consacrée aux Français et aux questions sociales.

4 – Dès 1944, le principe d’un plan complet de sécurité sociale visant à « assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail […] » est annoncé par le Conseil national de la résistance. Certains aspects du modèle allemand de Bismarck et du modèle anglais issu du rapport Beveridge ont été repris lors de son élaboration.

La Sécurité sociale est fondée par l’ordonnance du 4 octobre 1945. Le régime général prend alors en charge les périodes de fragilité de la vie – maladie, maternité, invalidité, vieillesse (retraites financées par répartition), décès et accidents du travail – au profit des salariés du secteur privé.

L’assurance chômage (UNEDIC, ASSEDIC) ne voit le jour qu’en 1958.

5 – La France est en avance pour la création de start-up dans l’univers du digital.

Troisième nation présente au CES 2017 derrière les États-Unis et la Chine, première délégation européenne, elle se classe seconde dans l’espace dédié aux start-up, avec 178 « jeunes pousses » présentes.

L’Internet des objets domine les tendances de l’innovation.

Lydie Turkfeld pour Consultor.fr

 

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