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mathieu menegauxDans une série d’articles, Consultor vous propose de découvrir des consultants aux personnalités étonnantes. Après leur travail, commence pour eux une nouvelle vie. Ils sont écrivain, sportif de haut niveau, musicien ou encore entrepreneur. Comment mènent-ils de front leur métier et leur passion ?

Le bureau du BCG à Paris compte désormais un écrivain. Mathieu Menegaux est partner chez BCG et auteur d’un premier roman, édité chez Grasset, salué par la critique.

Un autre livre doit sortir début 2017. Son premier roman se lit comme un thriller qui suit une logique implacable qu’il tire en partie de son travail de consultant.

Lorsque l’on sait que les maisons d’édition refusent 95 à 99 % des manuscrits qu’elles reçoivent, être publié, et plus encore, être lu, relève de l’exploit, surtout pour un auteur inconnu. À côté, décrocher un contrat de conseil avec un grand groupe du CAC40 semble un jeu d’enfant. Mathieu Menegaux, 48 ans, partner et directeur associé chez BCG à Paris, a réussi sur les deux tableaux.

Il a publié en avril 2015 son premier roman, Je me suis tue, chez Grasset. « J’ai envoyé simplement mon manuscrit par la poste, c’était inespéré d’être édité », se souvient Mathieu Menegaux. Chez Grasset, 170 nouveautés paraissent chaque année (dont plus de la moitié en littérature) pour plus de 3 000 manuscrits reçus.

Son livre raconte l’histoire d’une femme de 40 ans, à la vie confortable et tranquille, qui se retrouve en prison pour infanticide. Murée dans le silence, elle refuse d’expliquer son geste à la justice comme à son mari. Derrière ce silence qui l’accuse, elle cache un terrible secret. « C’est une femme très rationnelle, orgueilleuse et fière, son erreur est de se croire plus forte que son destin et de causer son propre malheur », résume l’auteur qui a voulu marquer les esprits en choisissant la tragédie.

Consultant le jour, écrivain le soir

Rien à voir donc avec le monde du conseil. Mathieu Menegaux, passionné de littérature, s’est glissé dans la peau d’une femme, dans un univers qui lui était complètement étranger. « C’est un pur travail d’imagination », dit le partner, par ailleurs spécialisé dans les secteurs de l’énergie et l’industrie chez BCG. Et de l’énergie et de l’industrie, il en a fallu pour écrire ce roman. « C’est une somme de travail énorme », insiste le partner qui a travaillé sur son manuscrit durant la nuit, les week-ends et dès qu’il avait un peu de temps.

Si l’univers du conseil est sans rapport avec son livre, ses qualités de consultant ont pu en revanche lui servir. D’abord pour construire l’histoire comme on pense un projet pour un client. « J’ai souhaité entraîner le lecteur dans une sorte de thriller tragique où s’applique une logique sans faille, l’amenant d’un point A à un point B. Mon métier m’a aidé à tisser ce fil narratif, très tendu qui permet de ne pas lâcher le lecteur, de raconter une histoire en peu de temps sans le perdre dans des détails », explique-t-il.

Pour écrire de façon juste la procédure pénale, Mathieu Menegaux a aussi pu profiter de ses relations pour interroger des avocats, des policiers et des procureurs. Il a fallu également rencontrer les libraires, les lecteurs dans les salons ou sur Internet, parler du livre à la presse (France Info, RTL, France 2, Marie Claire...), un exercice d’éloquence où il se sent à l’aise grâce à son métier.

« Il faut savoir parler, savoir donner envie », observe-t-il. Côté client, Mathieu Menegaux dit avoir « largement communiqué » auprès de ses contacts, ce qui a permis d’instaurer des relations parfois plus chaleureuses dépassant la sphère strictement professionnelle. Un seul regret pour le jeune écrivain : ne pas avoir eu assez de temps pour rencontrer ses lecteurs ou des libraires. « Le métier de consultant a pu parfois être un frein pour la promotion du livre », dit l’auteur, soucieux de l’intérêt qu’il suscite.

Un deuxième livre en route

Je me suis tue est un succès de librairie pour un premier roman. Mathieu Menegaux veille au grain. Déformation professionnelle oblige, il regarde les « ventes comme le lait sur le feu ». 8 000 tirages ont été réalisés pour environ 6 000 livres vendus, là où habituellement, un premier livre est tiré à 1 500 exemplaires. « Je demande assez souvent les chiffres, je m’intéresse à la répartition des ventes par canaux de distribution (librairie de 1er, 2e rang, vente sur Internet...) », s’amuse le partner.

Conforté par cet accueil, Mathieu Menegaux s’est lancé dans l’écriture de deux autres romans dont un a « enthousiasmé » Grasset qui le sortira début 2017.

Une nouvelle histoire écrite « à la première personne et au féminin, sur le thème de la folie », confie-t-il. Avec ce soutien de son éditeur, Mathieu Menegaux se dit encore plus heureux : « Le premier succès se trouve confirmé, ça y est, je peux me dire que je deviens écrivain ».

Thibaud Vadjoux pour Consultor.fr

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