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chapuisokDepuis trois ans, Chappuis Halder s’est positionné sur un créneau délaissé par ses concurrents : la publication de travaux de recherche dédiés aux services financiers. Une spécificité rapidement devenue différenciante pour le cabinet. Aujourd’hui, la concurrence a repéré le filon.

2013, Chappuis Halder amorce un tournant. Le cabinet, exclusivement concentré sur les services financiers, s’octroie les services et l’expertise de Benoît Genest. « J’apportais une nouvelle dimension : le GRA, Global Research & Analytics », explique l’intéressé, à la tête depuis trois ans de l’équipe éponyme chez Chappuis Halder.

Chercheurs, statisticiens, consultants

Le « GRA » n’est-il qu’un acronyme de plus dans la jungle des index parfaits, des méthodes optimisées et des process miraculeux que savent si bien vendre les cabinets de conseil ? Le succès de l’équipe semble indiquer que celle-ci a de l’avenir. En trois ans, les effectifs dédiés sont passés de cinq consultants à une vingtaine. « L’un des objectifs du cabinet pour les années à venir est de faire grandir ce département, y compris dans nos bureaux américains et asiatiques, car la demande est là », assure Benoît Genest.

La spécificité du GRA tient au profil de ses membres. Entre 70 et 80 % de leur temps sont consacrés à des missions de conseils d’expertise et de modeling classiques dans le secteur financier. Le temps restant, en revanche, est alloué à la recherche et à l’écriture. « Nous rédigeons et nous publions des white papers, détaille Benoît Genest. Il s’agit d’articles, fruits de nos recherches dans le domaine du risk modeling, du quantitatif et de l’optimisation du risque, le tout dans les services financiers bien sûr. »

Dès la publication des premiers articles début 2013, le cabinet décide de les mettre à la disposition des acteurs du marché à titre gracieux. Les sujets choisis sont suffisamment vastes et complexes pour justifier que les consultants y consacrent une part non négligeable de leur temps : nouvelles méthodologies d’évaluation des risques, big data, stress scénarios font partie des thèmes qui intéressent les secteurs de la banque et de l’assurance et sur lesquels se penche le GRA.

La conséquence, pour le cabinet, c’est l’obligation d’adapter sa politique de recrutement, car les membres du Global Research & Analytics présentent un profil particulier, à mi-chemin entre le statisticien, le chercheur et le consultant. La plupart d’entre eux viennent d’une école d’ingénieurs, sont capables de manier des formules mathématiques complexes, mais aussi d’y trouver une application business. « Il ne s’agit pas de faire de la recherche pure, au sens académique du terme, prévient Benoît Genest. Nous sommes dans le registre du quantitatif, nos résultats doivent être utilisables et interprétables par les praticiens du marché. » Enfin, dernière difficulté pour identifier les candidats, ils doivent avoir envie d’y dédier une partie de leur temps et de leur carrière.

Le marché doit s’activer

« Les résultats du GRA ont dépassé nos espérances », admet Benoît Genest. L’équipe et son travail n’avaient pas vocation à attirer de nouveaux clients, affirme son représentant. Elle n’en draine pas moins de plus en plus d’attention. « Paradoxalement, ce sont plutôt les clients qui sont venus vers nous, pour discuter des sujets abordés dans nos white papers. Au cours des congés de fin d’année, nous avons été invités à Londres pour présenter l’équipe et l’un de nos sujets de publication. »

Benoît Genest préfère insister sur l’humilité et le professionnalisme de son équipe, mais il reconnaît aussi que le GRA représente désormais un argument de vente pour le cabinet : « D’abord parce que nous sommes peu nombreux à le proposer, ensuite parce que la qualité des articles s’est fortement améliorée ». Résultat, les autres cabinets s’intéressent au filon. La recherche redevient à la mode, parfois plus pour le show et l’image de marque que pour faire une véritable différence. Toutefois, pour le meilleur et pour le pire, Chappuis Halder n’est plus le seul cabinet sur le segment. « Tant mieux, lance Benoît Genest. D’une, il y a de la place pour tout le monde. De deux, les experts du risk modeling et du quantitatif représentent une petite communauté, ce qui crée une certaine éthique. »

Surtout, il était temps que ladite communauté se redynamise et renoue avec une tradition de recherches et de publications qui existait il y a encore une vingtaine d’années.

Lisa Melia pour Consultor.fr

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