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vincent boutteau eleven digitalEntré chez Eleven Strategy en 2011, Vincent Boutteau a développé une expertise sur la révolution digitale.

Il évoque les enjeux de cette problématique pour les entreprises ainsi que le positionnement du cabinet sur ce marché.

Sept ans après sa création, comment se développe Eleven Strategy ?

Lorsque le cabinet a été créé en 2008, il comptait 11 consultants. Nous sommes aujourd’hui une quarantaine et nous affichons une croissance de 20 % par an. Notre positionnement est centré presque exclusivement sur les sujets digitaux, puisqu’ils représentent 80 à 90 % de notre activité. Nous travaillons auprès des deux tiers des comptes du CAC 40, avec l’objectif de les fidéliser pour consolider notre chiffre d’affaires. Nous intervenons sur tous les secteurs sous l’angle des problématiques digitales, et au fil du temps nous avons développé de solides expertises sur quelques verticales : les infrastructures et les transports, les télécoms et l’hôtellerie, l’énergie et dans une moindre mesure, la banque et l’assurance, le luxe et la santé.

Le digital est un sujet à la mode. Quelle est votre approche ?

Le virage du digital a été pris très naturellement en 2010 par le cabinet, car nos premiers clients faisaient partie des secteurs fortement impactés (hôtellerie, télécom, musique) par ce changement. Nous l’abordons de deux manières.

Tout d’abord par l’impact que provoquent ces nouvelles technologies chez les clients, avec deux types d’impact : les ruptures et les enjeux stratégiques qui en découlent d’une part, les sujets d’amélioration continue d’autre part. Une des grandes spécificités du digital est que la distinction entre ces deux types d’impact n’est pas immédiate, et peut dépendre de l’angle d’analyse choisi. Dans certains cas, ce qui peut être vu comme une amélioration de processus au travers du digital par certains acteurs en place peut se révéler être une formidable opportunité de création de nouveaux business models pour de nouveaux entrants. Docusign dans l’immobilier est une très bonne illustration de cette imbrication.

Pour aider nos clients à s’aligner sur une compréhension collective du périmètre du digital (et éviter que tout devienne du « digital »), nous travaillons aussi avec eux sur la notion d’enablers digitaux : big data, applications mobiles, interfaces web, réalité augmentée, NFC, 3D printing...

Cisco annonce 50 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020. Quels sont les enjeux ?

Je ne me prononcerai pas sur ce chiffre, mais il est vrai que les enjeux sont colossaux. Nous travaillons avec de grandes entreprises sur ce sujet. Il s’agit à la fois de les aider à définir leur stratégie et de les accompagner dans leur politique de transformation. La problématique est prégnante en matière de gestion d’actifs physiques par exemple : alors que vérifier le bon état d’actifs dispersés est très coûteux, les objets connectés représentent un champ de création de valeur considérable, notamment dans le B2B. Il peut aussi s’agir d’applications BtoC dans le médical, le service à la personne ou encore l’assurance. À titre d’exemple, avec la voiture sans conducteur, le nombre de morts par accident de la route pourrait drastiquement diminuer, passant de 12 millions aujourd’hui à quelques centaines de milliers. Les assurances commencent donc à fortement s’impliquer sur ces sujets.

Quelle évolution connaissent les problématiques digitales des entreprises ?

L’un des gros sujets est celui de la transformation digitale, autour par exemple du lancement de projets innovants et « disruptifs ». La plupart de nos clients ont investi massivement ces dernières années dans des dispositifs qui n’ont pas toujours donné satisfaction (prise de participation dans des start-up, création de labs digitaux, hackathons…). Depuis un an, nous accompagnons donc nos clients dans la mise en place de structures ad hoc destinées à accélérer la transformation digitale, par exemple des modèles « d’excubateurs » sur les sujets digitaux. Il s’agit pour les entreprises de développer des projets en mode start-up qui sortent de l’entreprise sur la base d’un certain nombre de critères avant éventuellement de pouvoir réintroduire ces projets. Nous intervenons à la fois dans la phase amont pour les aider à concevoir le dispositif, et dans la phase aval de conduite des projets. C’est une formidable opportunité pour des consultants qui veulent devenir de futurs « entrepreneurs » de ces projets.

En quoi votre positionnement vous différencie-t-il des cabinets de stratégie historiques ?

Nous travaillons à 80 % voire 90 % pour ces questions, ce qui nous octroie une connaissance pointue des enablers et une grande agilité sur les problématiques digitales. Nous intervenons aussi bien sur la stratégie que sur la transformation, ce qui est un atout sur les sujets digitaux, toujours à la frontière entre le disruptif et l’amélioration continue. Enfin, nos consultants apprécient aussi beaucoup la proximité avec les partners et les seniors managers, car l’équipe reste à taille humaine malgré la croissance.

Faut-il être un geek pour entrer chez Eleven Strategy ?

L’intérêt, voire l’enthousiasme et la curiosité, les nouvelles technologies et les sujets de rupture fait évidemment partie des critères de recrutement, la fibre entrepreneuriale également.

Nos consultants restent toutefois des intervenants directs auprès des directions générales, tel un consultant en stratégie, ils sont donc formés sur les fondamentaux du métier et confrontés très rapidement au client. Les consultants qui quittent le cabinet rejoignent quasi exclusivement une start-up, qu’ils ont parfois créée eux-mêmes. Nous ciblons également des profils de type data scientists. Mais dans tous les cas, nous développons la polyvalence grâce à la formation, la variété des missions et le partage d’information entre les profils. Le cœur de nos recrutements – une dizaine prévue en 2016 – concerne les jeunes diplômés de zéro à trois ans d’expérience professionnelle issus des écoles de commerce ou d’ingénieurs de rang A. Nous comptons parmi nos consultants une dizaine de X, autant de HEC. Comme nos moyens ne sont pas extensibles, nous concentrons nos efforts de communication et de partenariat en direction des principales grandes écoles (X, HEC, Mines ParisTech, l’ESSEC…).

Gaelle Ginibrière pour Consultor.fr

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