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usine toyota stephanie couturier« Trente ans d’expertise dans le secteur, c’est le temps qu’il faut pour qu’un consultant soit considéré comme crédible dans l’automobile ».

C’est ce qu’un client à un jour confié à Rémi Cornubert, spécialisé dans l’automobile depuis dix-huit ans, après avoir fait ses débuts comme chercheur dans l’industrie des moteurs. « Cela devrait m’amener à l’aube de la retraite », plaisante l’homme, partner depuis septembre chez A.T. Kearney. Cocasse, l’anecdote n’en est pas moins révélatrice.

Pour le conseil en stratégie, l’automobile est un secteur extrêmement concurrentiel et certainement l’un des plus exigeants. « Le niveau d’exigence est très élevé, car c’est une industrie rompue non seulement aux méthodes d’achats, mais qui est surtout en avance sur beaucoup de plans et qui exige des préconisations innovantes et pointues », poursuit Rémi Cornubert. Conséquence : les profils recrutés sont très spécialisés. Certains consultants ont d’ailleurs fait leur classe dans l’industrie avant de rejoindre un cabinet – c’est le cas d’Ayoul Grouvel, qui a intégré Emerton en octobre en tant qu’associate partner après vingt ans passés principalement chez des constructeurs. De son côté Rémi Cornubert note : « Les équipes ont toujours besoin de juniors pour faire des analyses et des modélisations, mais ils sont encadrés par de fins connaisseurs de l’industrie ».

Du développement de nouveaux véhicules aux stratégies industrielles

Constructeurs, équipementiers, fonds d’investissement ou encore entreprises intervenant dans l’after market (par exemple business de la réparation ou encore distribution des pièces de rechange)... le marché s’organise autour de ces quatre grandes typologies de clients. « Nous avons la chance en France d’avoir un marché actif avec deux grands constructeurs au top de la chaîne qui génèrent une masse significative de projets et trois ou quatre grands équipementiers (Valeo, Plastic Omnium, Michelin...) de premier rang, qui sont multinationaux et reconnus à l’international », résume Sébastien Amichi, partner chez Roland Berger. Très tôt – avant bien d’autres secteurs –, l’industrie automobile s’est globalisée et les missions en stratégie dépassent régulièrement les frontières.

Les demandes couvrent par ailleurs toute la chaîne, depuis des sujets très technologiques jusqu’aux problématiques industrielles d’implantation. L’innovation est à la fois au cœur des projets de développement des véhicules – 5 à 10 % du chiffre d’affaires de l’industrie sont dépensés en R&D – mais aussi des technologies de production. « Le sujet n’est pas nouveau, mais l’automobile est le secteur le plus en pointe sur ce plan. Parmi les sujets qui nous animent plus particulièrement en ce moment, on peut noter la connectivité. Il s’agit à la fois de travailler en amont sur les business models, mais aussi sur les impacts en termes d’organisation », détaille Sébastien Amichi. Sébastien Plessis, partner d’Emerton, constate, lui, qu’aujourd’hui une proportion plus importante de missions porte sur des sujets de stratégie, d’innovation et de business models. « La proportion de missions au sein d’Emerton dans le secteur automobile est aujourd’hui de 50 % stratégie, marketing & innovation et 50 % performance », détaille-t-il.

L’affaire Volkswagen accélère la réflexion sur les nouvelles énergies

« Nous sommes de plus en plus sollicités pour des missions liées aux nouvelles mobilités portées par le digital et l’économie de partage », pointe pour sa part Ayoul Grouvel. De façon plus sporadique, la problématique de la mobilité est porteuse de quelques projets, notamment avec des marques étrangères au secteur (luxe, sportswear...) qui souhaitent faire des incursions ou nouer des partenariats dans l’automobile. La réflexion des acteurs du marché porte également sur l’évolution des formats de distribution avec comme partout une distribution devenant multicanale, à travers Internet ou les centres d’appel. Quant aux nouvelles énergies ou l’adaptation à la réglementation en termes d’émission de NOX et de CO² – sous les feux des projecteurs depuis l’affaire Volkswagen –, elles font l’objet de missions, qui ne sont pas forcément très nombreuses. « Cette affaire vient accélérer un scénario déjà engagé. Les constructeurs sont dans l’obligation de remplir un cahier des charges de réduction des émissions de plus en plus exigeant et pour beaucoup difficile à atteindre. Emerton a par exemple énormément travaillé au cours des deux dernières années sur les technologies de propulsion alternatives (batteries, pile à combustible, hybride, GNV…), mais aussi pour des fabricants de matériaux dans l’allègement des véhicules », estime Ayoul Grouvel. « Si la question du véhicule électrique était regardée jusque-là d’un peu loin par certains constructeurs, depuis plusieurs mois il y a une forte demande d’accompagnement dans ce domaine », ajoute-t-il.

Gaëlle Ginibrière pour Consultor

 

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