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homme en shortL'été arrive et avec lui, l'envie de troquer le pantalon contre le bermuda. Gare au consultant qui se laisserait tenter. Le costume sombre n'a pas encore dit son dernier mot.

En 2010, UBS avait fait les gros titres de la presse avec la sortie de son dress code particulièrement détaillé. Taille de la jupe, couleur de la chemise ou longueur des manches, tout était prévu pour que le salarié se fonde dans l'image que l'on se fait d'un banquier privé.Pour les cabinets de conseil installés en France, pas question d'en faire autant.

La jurisprudence est constante en la matière, l'employeur ne peut imposer de contraintes vestimentaires qui ne seraient pas « proportionnées au but recherché ». La direction peut interdire le bermuda à un consultant en contact avec le client, mais pas choisir la couleur de sa cravate. En la matière, les consultants se fixent eux-mêmes des limites.

Le costume, une deuxième peau

Chez Vertone, c'est même une manière d'être. Le cabinet prône « la responsabilisation des consultants », d'après Guillaume Dimitri. Le mot d'ordre, c'est « l'adaptabilité, mais la politique n'a jamais été formalisée ». Le partner n'a pourtant jamais eu à reprendre un consultant trop décontracté. Pas besoin d'imposer des limites, les équipes s'en chargent. C'est le Poids des apparences, théorisé par Jean-François Amadieu, sociologue et directeur de l'Observatoire des discriminations. Celui qui s'affranchit des usages vestimentaires prend le risque de ne pas être pris au sérieux. Le chercheur prouve ce que l'on savait déjà : au travail comme ailleurs, notre apparence conditionne notre rapport aux autres. La peur du jugement n'est pas la seule raison qui pousse un consultant à porter veste et pantalon. Dans son ouvrage Le vêtement de travail, une deuxième peau, la sociologue Ginette Francequin démontre que l'habit est important avant tout pour celui qui le porte. Les témoignages qu'elle a réunis vont tous dans le même sens : « Le vêtement traduit le contenu de l'ouvrage mis sur le métier [...], il construit le statut ».

La cravate n'a plus la cote

Dans cet univers de contraintes, les marges de manœuvre sont faibles. Pour Guillaume Dimitri, « la vraie liberté, c'est sur le port de la cravate ». Le morceau de tissu n'est plus systématique, « en fonction de la culture du client ». Le constat est le même chez Strategy&. Akram Chetibi, associate au bureau parisien, se rappelle d'une mission où le partner américain s'était présenté avec une cravate. « Comme le reste de l'équipe n'en portait pas, il s'est adapté et l'a enlevée. » À l'inverse, Akram Chetibi se rappelle que lors d'un briefing de début de mission, la consigne avait été claire : « Chez ce client, on porte la cravate. » Encore une fois, l'important, « c'est de s'adapter pour ne pas créer de barrière ».

Le costume sombre, cette standardisation du quotidien

Avant d'atterrir dans le conseil en stratégie, Akram Chetibi avait débuté chez Rocket Internet, en Thaïlande. Il était alors loin de l'austère costume gris. Pourtant, le jeune consultant accepte assez bien la contrainte. Un sourire dans la voix, il avoue même que le costume, « c'est une façon de ne pas se poser de question le matin ». En bon consultant, il analyse le code vestimentaire comme « une standardisation qui permet d'aller à l'essentiel ». Chez Strategy&, il n'y a pas non plus de règle formelle. Il y a quelques années, les consultants avaient demandé des précisions quant à l'utilisation du casual wear. Un e-mail avait été émis, précisant que même sans rendez-vous avec le client, les salariés étaient invités à venir au bureau en costume du lundi au jeudi. Il s'agissait plus d'une consigne de principe. Akram Chetibi l'avoue, « elle n'est pas toujours respectée. Il arrive de voir un consultant en polo la semaine ».

Le consultant, victime de la mode

Pour Guillaume Dimitri, « le friday wear, c'est une autre époque ». La tendance est passée, une autre est arrivée. « Il y a beaucoup plus de couleurs qu'il y a dix ans, selon Guillaume Dimitri. Dans le conseil aussi, l'évolution de la mode a un impact ». Dernière évolution en date, le retour en grâce de la barbe de trois jours. « Aujourd'hui, au moins 20 % des partners ont une barbe chez nous », assure Guillaume Dimitri. Ce qui passait hier pour négligé est aujourd'hui au top de la tendance. C'est l'espoir de ceux qui supportent mal le costume. Voir la mode donner au bermuda ses lettres noblesses. À défaut, le consultant devra continuer à porter le costume, comme le moine, sa robe de bure.

Gillian Gobé pour consultor

 

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