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st-thomas-moreX-Ponts, François-Daniel Migeon, fondateur de Thomas More Partners, a multiplié les allers-retours entre le public et le privé (McKinsey). Ancien patron de la mythique « DGME », il fonde fin 2012 Thomas More Partners, un cabinet de conseil qui accompagne les dirigeants dans le développement de leur « leadership authentique ».

Foulard impeccablement noué autour du cou, large sourire, dos droit parfaitement calé dans un fauteuil, François-Daniel Migeon renvoie l’image d’un homme serein, à l’assurance presque froide. Des qualités qui n’auront certainement pas manqué de servir sa carrière.

Diplômé de l’X et des Ponts, il débute à la Banque mondiale, passe par le ministère de l’Équipement, rejoint McKinsey en 1999, en part quelques années plus tard pour un cabinet ministériel, puis retourne chez McKinsey avant d’être appelé à la tête de la direction générale de la modernisation de l’État (DGME) de 2007 à 2012 au ministère du Budget et de la Réforme de l’État. « Ma carrière a connu trois temps. D’abord une phase très opérationnelle au cours de laquelle j’ai construit routes et autoroutes. Ensuite, McKinsey où je me passionne pour la conduite des grandes transformations dans le secteur privé. Puis à la Réforme de l’État, où j’applique finalement les deux compétences. » À la tête de 150 personnes, il pilote la réforme, contrôle les secrétaires généraux des ministères concernés. Pour lui, la DGME joue le rôle d’un cabinet de conseil interne. « Il faut être suffisamment proche des administrations pour être plus qu’un consultant et suffisamment différent pour impulser le changement », résume-t-il.

Son regard de consultant sur la réforme de l’État ?

« Je m’attendais à avoir tout à faire et c’est ce qui s’est passé ». Principalement composée de fonctionnaires à son arrivée, la direction compte au bout d’un an presque autant de consultants que fonctionnaires. « J’ai eu la faiblesse de penser que l’essentiel du changement serait rendu possible grâce à des méthodes et des techniques. Au fil de ces cinq années, j’ai accordé de plus en plus d’importance aux hommes et aux femmes qui portaient la transformation. » Un point que corrobore Caroline Baumgart, directrice de projet à la DGME de 2011 à 2015 : « À l’opposé de la culture très hiérarchique de l’administration, il travaillait très facilement avec les chefs de projets, s’impliquant dans les comités de pilotage et préparant avec ses équipes les points de calage ». Consultant interne de l’État, François-Daniel Migeon est alors lui-même client de cabinet de conseil. Une expérience qui lui permet d’esquisser le portrait-robot du consultant idéal : libre de s’exprimer avec une forme d’abnégation, se fondant sur les faits et non sur ses opinions, tâchant de comprendre l’environnement du dirigeant qu’il accompagne. « Quelqu’un qui est à vos côtés, pour vous aider à prendre la bonne décision. » Des qualités qu’il dit avoir rencontrées dans plusieurs cabinets. « Ces caractéristiques sont plutôt liées à des personnalités qu’à des marques. »

« On ne reste pas à ce poste cinq ans si on ne fait pas le job. »

L’homme retient de cette période une grande satisfaction. Le secret de sa réussite ? « Son leadership, son charisme, une capacité à donner une direction à ses équipes et du sens aux projets », résume Caroline Baumgart. Ce que François-Daniel Migeon appelle le leadership authentique et qu’il résume en trois caractéristiques : « Le leader authentique sait ce qui fait sens pour lui et est capable de le partager. Il noue des relations grâce auxquelles les personnes se sentent engagées et donnent le meilleur d’elles-mêmes. Il inspire confiance, car il travaille sur lui-même et se remet en cause ». Un concept qu’il détaille dans un ouvrage paru en 2013* et qu’il partage désormais avec les dirigeants qu’il accompagne au sein de Thomas More Partners. La figure de ce philosophe anglais qui a donné son nom à son cabinet imprègne son positionnement. « Cet homme a vécu un leadership authentique, attentif à bien accueillir et servir les gens qu’il a croisés. Il a beaucoup travaillé sur lui-même et beaucoup progressé. » Commercialement, la figure de Thomas More, humaniste érudit pour certains, grand catholique pour d’autres, présente l’avantage d’être universelle. François-Daniel Migeon, lui, admire en Thomas More l’homme qui au nom de sa conscience a accepté son destin, condamné à mort par le roi Henri VIII. Ce père de huit enfants ne fait d’ailleurs pas mystère de sa foi. « Je la vis sans concession – car j’ai une foi personnelle très forte et je veux la vivre intensément à chaque instant –, mais sans confusion, car la foi m’enseigne avant tout à respecter la liberté de conscience et donc je ne veux pas instrumentaliser le milieu professionnel : chez Thomas More Partners, nous développons le leadership authentique de nos clients, tels qu’ils sont ».

Gaëlle Ginibrière pour Consultor

*Invitation au leadership authentique, Eyrolles.

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