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En dix ans les administrations sont passées du rang de client occasionnel à celui de partenaire régulier

Si le mariage semble a priori contre-nature, le secteur public émerge pourtant comme un relai de croissance durable pour les cabinets de conseil en stratégie. L'exercice 2011 ne déroge pas à la règle.

Fin décembre, l’administration publique devait représenter 15% du chiffre d’affaires global des cabinets, soit pas loin de 600 millions d’euros, à en croire les 102 cabinets de tailles diverses interrogés par la fédération nationale des cabinets de conseil, Syntec, qui se dit représentative de 60% des entreprises du secteur.

Un tel volume nous montre que les administrations commanditaires sont le troisième plus gros demandeur de prestations de conseil, derrière les services financiers, avec 30% du chiffre d’affaires global, et l’industrie, avec 23%, mais loin devant les secteurs des énergies et de l’environnement, du transport et de la distribution, qui tous plafonnent à moins de 10%.

Dix ans plus tôt, le secteur public faisait plus figure de partenaire occasionnel, avant de croître à son niveau actuel en 2006 puis 2007, à rebours de la plupart des autres secteurs en perte d’allure dans un contexte économique défavorable.

Parmi les causes d’une pareille embellie, la Révision Générale des Politiques Publiques, dite RGPP, joue un rôle moteur. Le grand ménage de printemps au sein des ministères et des administrations avait été initié par le gouvernement en juin 2007. Quatre ans plus tard, le programme a contribué à la suppression de 150 000 postes de fonctionnaires et à des économies de 15 milliards d’euros, selon des chiffres avancés par le gouvernement.

Une rationalisation économique à laquelle les cabinets de conseil ont été associés : « des travaux thématiques ont été confiés à des équipes mixtes d’audit, chacune composée à la fois de membres d’inspections ministérielles et interministérielles – l’un d’entre eux assurant la présidence de l’équipe – et de consultants de cabinets privés d’audit » indiquait ainsi le rapport d’information parlementaire publié sur la RGPP en novembre.

Au total, comme nous l'indique ce rapport, ce sont 100 millions d’euros qui ont été alloués depuis 2007 à des marchés publics de modernisation de l’Etat, dont McKinsey, le Boston Consulting Group et Roland Berger ont été parmi les principaux récipiendaires.

Pourtant, les ministères ou les directions générales en tous genres n’expliquent que pour partie la croissance du secteur. Sur la même période, entre 2008 et 2011, la Caisse des Dépôts, le Pôle Emploi, l’Ademe,la Bibliothèque Nationale de France, l’INA, le CHU de Nancy, les Hospices de Lyon, le Port Autonome de Paris, la CCI de Paris et le Syndicat des Transports d’Île de France, entre autres, ont eux aussi fait appel à des cabinets privés, à en croire les données que nous avons extraites du Bulletin Officiel des Attributions de Marchés Publics (BOAMP).

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Une multiplication des commandes dont on se félicite du côté de la Direction Générale de la Modernisation de l'Etat (DGME) : "la coopération entre des équipes privées et des équipes de l’administration – que ce soit des inspecteurs ou des fonctionnaires – est gage de crédibilité, de solidité des recommandations" nous indique la direction jointe par Consultor.fr. On vante "la méthodologie" et "la culture de projets" apportés par les cabinets, "tout simplement parce qu’ils ne sont pas parties prenantes de la routine ou des habitudes". Créée au sein du ministère du budget en 2005, la DGME est en charge de la coordination des politiques de modernisation de l'Etat.

Ces prestations concernent aussi bien la définition d’enjeux stratégiques, que des missions d’assistance en ouvrage informatique et de conduite du changement. En trois ans, le Boamp ne recense pas moins d’une soixantaine de contrats, dont les valeurs s’échelonnent entre 50 000 et plusieurs millions d’euros.

Si manne du public il doit y avoir, tous les cabinets n’en tirent pas partie de manière égale. Ainsi, sur la base des données disponibles sur le Boamp, Roland Berger, McKinsey et le Boston Consulting Group tirent leurs épingles du jeu – en nombre de commandes pour le moins – avec près de la moitié des prestations à eux trois.

Cette tendance à la hausse, les cabinets cherchent à la pérenniser. Au niveau de l’Etat, c’est par exemple Syntec en septembre qui y est allé de ses « 49 propositions » pour renforcer la compétitivité de la maison France. Au même moment, Roland Berger proposait ses propres solutions à la crise de la zone euro.

Et ces clins d’œil à répétition des cabinets aux administrations semblent devoir porter leurs fruits : "Rien n’empêchera ce savoir-faire de s’exprimer à nouveau dans les années qui viennent. Il peut même être étendu au secteur hospitalier, aux collectivités locales en y apportant les ajustements qui conviennent" plaide-t-on du côté de la DGME.

 

Benjamin Polle pour Consultor, portail du conseil en stratégie- 06/01/2012

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